mercredi 21 avril 2010

Un homme en reconstruction

Suite à la lecture du livre "Osti de fife" de Jasmin Roy, la perception de ma propre Vie a prit une autre couleur parce que je viens de faire un dur constat. Inspiré de Jasmin, j'ai envie de partager avec vous mon histoire parce que je comprends maintenant la raison de toutes mes luttes...

Je vais passer par dessus mon enfance, puisqu'elle a été parsemé de douceur et de tendresse, sans doute seule responsable de cette enfance magique qui est encore en moi aujourd'hui...Mais pour l'adolescence, la douceur n'a jamais eu la même odeur ni la même texture...

C'est vers l'âge de 10 ans que j'ai compris que je n'étais pas comme les autres garçons. J'aimais jouer à la Barbie avec ma cousine Mireille, j'aimais les arts beaucoup plus que le sport et les camions Tonka, j'appréciais davantage la compagnie des mes tantes et mes autres cousines, avec qui je parlais de cuisine, de plantes et d'enfants, que celle de mes pairs masculins. Je préférais cuisiner près de ma mère que de fouiller dans un moteur de voiture avec mon père. Et moi aussi, comme plusieurs, j'ai eu mes premiers fantasmes avec G.I. Joe, seul homme viril que je savais discret.

Et c'est vers l'âge de 12 ans que j'ai compris que j'étais différent, mais qu'en plus, cette différence ne faisait déjà pas l'unanimité. Reportons-nous en 1980 !

J'étais assis devant la télé, avec mes parents et nous regardions une série humoristique de l'époque, "Symphorien". Je feuilletais en même temps une revue artistique que ma mère avait l'habitude d'acheter. Et je suis tombé sur une photo d'un groupe populaire des années 70 et 80, Ritchie Family. On y voyait les membres du groupe entourés d'hommes musclés et en sous-vêtements. L'effet ressenti dans mon jeune corps de petit garçon de 12 ans était si dramatique. J'en avais peur, je ne voulais pas ressentir ça. Je savais, à ce moment que j'étais homosexuel. Je venais de le comprendre à cet instant précis de mon enfance. Puis d'un bon, j'ai quitté le salon, j'ai jeté la revue sur le divan et suis monté en flèche vers ma chambre, bousculant mon frère au passage. J'étais si effrayé. J'ai tellement eu peur de moi...

Puis les années ont passées. Au secondaire, évidement, j'ai reçu tous les surnoms qu'on donne aux différents comme moi : "fife", "tapette", "moumoune". Il y a même un professeur d'éducation physique qui m'a dit devant toute la classe, alors qu'il m'avait forcé à grimpé sur une barre fixe qui me faisait extrêmement peur : "Vas-y. Es-tu une fillette pour avoir peur comme ça ?". Ajouté au reste - et pendant cinq ans- je comprends aujourd'hui mon manque d'estime et ce avec quoi j'ai dû travailler fort pour passer par dessus moi-même. Je porte ce fardeau depuis trente ans. Oui, trente longues années à chercher pourquoi je reste bloqué dans mes rêves, mes désirs et mes goûts. J'ai fais mes choix de Vie en fonction des ces mots blessants et ces attitudes de traitres qu'on a eu envers moi durant ce que j'aurais voulu être la plus belle période de ma Vie mais qui a été la pire. Et en plus, elle me suit toujours...

J'aurais souhaité poursuivre des études en théâtre et devenir un grand acteur. C'était mon plus grand rêve. Mais je ne suis jamais retourné à l'école parce que pour moi, ça voulait dire souffrance. J'ai d'ailleurs auditionné à Ste-Thérèse, en 1985 pour étudier en théâtre. Et vous savez quoi ? J'ai été accepté...sur des centaines d'auditions. Mais j'avais trop peur de quitter ma chambre, dans cette campagne lointaine où j'ai vécu toutes les plus grandes étapes de ma Vie. Je n'y suis pas aller par peur. Vous imaginez ! J'ai laissé passer le rêve de ma Vie parce que quelques personnes ont participé au rabaissement de l'être fragile que j'étais. Et aucun adulte ne pouvait prendre ma défense parce que ces adultes ne comprenaient pas eux-mêmes l'homosexualité. Ils la banalisaient, comme plusieurs le font encore aujourd'hui.

Et aujourd'hui, je ne peux entendre le mot "tapette" sans ressentir cette même boule de feu dans mon ventre. Jusqu'à environ 32 ans, quand je marchais et que des jeunes, regroupés, riaient, j'étais convaincu que c'était de moi, comme à l'école secondaire.

J'ai 42 ans. Nous sommes en 2010. J'ai beaucoup d'amis que j'aime et qui m'aiment. J'ai particulièrement beaucoup d'amis masculins hétérosexuels. Et c'est surtout à eux que je veux rendre hommage parce que c'est avec eux que j'ai eu à vivre mon plus grand défi, ayant beaucoup de difficulté à me sentir égaux à eux. J'aimerais les nommer mais je vais les garder pour moi, ils sont trop précieux pour que je les partage...ah ah ah !

Je ne veux pas être une victime et qu'on me prenne en pitié. Mais je veux que les gens comprennent que tout ça n'est pas banale et que maintenant, je suis un homme en reconstruction et que je dois repartir de loin pour revenir à l'essence même de ce que je suis : un petit gars qui aime les arts, jouer au théâtre et qui rêve, encore, d'un grand rôle au cinéma.

L'amour prendra peut-être aussi une nouvelle forme.

Merci de faire parti du même chemin que moi. Je sais que vous avez aussi vos défis à relever.

Soyons ensemble !

Stéphane XX...

samedi 27 février 2010

...

Et les vagues font de l'ombre sur mon bateau
Cherchant une proie pour l'engloutir
J'ai un peu peur de toute cette eau
J'ai un peu froid sur mon navire

Et je penche à tribord, j'hésite à bâbord
J'analyse l'horizon trop loin
Des centaines d'oiseaux carnivores
Tentent de me conduire au matin

Et je navigue, je divague, je pleure aussi
Le soleil de fait trop absent
La lune qui devient trop rubis
Ma Vie qui ressemble au néant

Et je m'épuise, je laisse tomber mon gouvernail
La houle me porte vers je ne sais où
Ma Rose des Vents est en bataille
Mais ce sera mieux que n'importe où

Et l'étoile allume enfin le soleil éteint
J'ouvre les yeux, j'ouvre mon coeur
C'est avec mes doigts que je peints
La toile dont jadis, j'avais peur

Elle est belle, elle est oeuvre, elle est ce que je suis
Du bleu ici, du jaune par là
Des chansons trouvées dans un cri
Et l'Amour qui à jamais vivra...

Et je navigue parmi les autres voiles
Cherchant l'oiseau des Amours
Et je dessine sur une grande toile
Celui que je cherche depuis des jours

Et je lance des bouteilles pleines de chansons
Paroles cachées depuis longtemps
Mais le verre casse à l'occasion
Et les mots se noient pendant que j'attends

Et le Goëland me lance un sourire
Voilà l'espoir qui rejaillit
J'avais pourtant vu le pire
Et la chanson nage enfin sur la Vie

L'inconnu, derrière sa voile, est discret
Il regarde de loin les oiseaux
Et je suis là, satisfait
De ma bouteille dans ses yeux...

Stéphane Castellon

mardi 15 septembre 2009

Réussites vs Échecs


Il est 21h. Nous sommes mardi. Je me suis versé un verre de porto vingt ans avant de m’installer devant l’écran pour écrire et déverser mon besoin d’auto-reconnaissance.

Ce matin, j’ai débuté la journée avec un sentiment d’échec. Encore. Et durant toute la journée qui a suivi, j’ai songé à mes réussites, question d’oublier mon sentiment.

Et ce soir, mon verre de porto à mes côtés, j’en fais la liste :

- à 11 ans, j’ai fait mon premier spectacle de magie devant 400 personnes
- à 22, mon premier one man show devant près de 800 personnes.
- j’ai interviewé Céline Dion à trois reprises
- à 25 ans, j’ai affirmé mon homosexualité avec courage et tendresse
- j’ai fait un voyage de trois mois au Mexique pour donner un sens à ma Vie
- j’ai chanté devant 10 000 personnes à l’été 2009
- mes parents sont toujours ensemble
- j’ai un appartement de rêve
- j’ai la meilleure amie au monde. Michou, je t’aime !
- j’ai une autre meilleure amie au monde. Isabelle, je t’aime !
- je pleure en ce moment et j’ose le laisser sentir
- j’aime celui que je suis et j’ose l’affirmer
- j’ai côtoyé Heat Ledger et Richard Gere pendant une journée
- j’ai pissé à côté de Scott Speedman (ah ah !)
- j’ai tourné avec Dustin Hoffman, Paul Giamatti et Minnie Driver
- je suis resté le cœur dans l’amour depuis janvier 2009, malgré la colère
- à mon premier vernissage, en 2004, j’ai vendu 18 des 19 toiles exposées.
- depuis, plus de 50 personnes ont une de mes œuvres chez-eux
- les hommes qui me faisaient peur, aiment être à mes côtés aujourd’hui
- j’ai donné mon chien Péki à un vieux couple
- j’ai aimé profondément et pour vrai
- j’ai sauvé un homme du suicide
- j’ai pardonné plus d’une fois
- je suis un bon ami
- je french bien (hé hé !)
- je sais aimer…etc…

Et pourtant, ce matin, en me disant que je vivais encore un échec, je pensais à Lui qui ne m’a pas choisi, à L’Autre qui m’a dit non, à Celui-là qui a refusé mon amour, à Cet Autre qui m’a aimé et est parti et à Tous Ceux-là qui semblent ne pas vouloir me voir quand je passe.

Quand je regarde mes réussites, je comprends que je suis plus victorieux que je ne le pense et que mes échecs ne sont que des expériences de plus pour m’aider à grandir et à m’aimer. Ce soir, ma grande réussite et de voir dans mes yeux l’étincelle qui reste toujours allumée…

Stéphane XX…

lundi 15 juin 2009

Faire place au vide

« Ayez un esprit silencieux ». Ce sont les paroles d’un sage indien que je viens de découvrir, Krishnamurti (merci Daniel pour cette découverte). Il dit que nous devons arriver à avoir un esprit silencieux pour pouvoir nous reconnecter à nous-mêmes.


Sans m’en rendre compte, dans les derniers mois, j’ai essayé de rendre mon esprit silencieux et vide. Mais je dois le dire, la tâche est ardue. D’abord parce que, comme pour la majorité des humains, je ne vis pas dans un chalet en forêt, sans eau, ni électricité et surtout, je ne vis pas seul sur cette planète. Les influences sont nombreuses et surtout, je ne souhaite pas devenir un moine sage, dans sa belle tunique, à ne faire que des saluts au soleil à tous les matins et à contempler les oiseaux et les petits verres de terre en me disant qu’il n’y a rien de plus merveilleux…ah ah ah !


Oui, j’aime la nature. Et grâce à mes amies Isabelle et Michou, je prends de plus en plus conscience de cette beauté qui nous entoure et qui en plus, nous parle quand on sait l’écouter.


Mais malgré que je ne sois pas porter vers le « moinisme », j’aime bien tous mes moments de recueillement dans lesquels je reviens vers moi pour repartir vers de nouvelles aventures.


Dans quelques jours, je déménage. J’ai choisi d’aller vivre ailleurs, dans un nouveau quartier, avec des gens autour, de l’action. La raison en est bien simple : ma Vie commençait à ressembler à celle d’un nouveau moine…ah ah ah !


Dans ce nouvel appartement, qui a brûlé et a été rénové, personne n’y a habité depuis des mois. Tout est neuf, du plancher au plafond, en passant par la robinetterie, les armoires, les luminaires. Absolument tout. Ils ont converti ce quatre et demi en loft. À ma première visite, j’ai su tout de suite que c’était chez-moi. J’aime l’espace, la luminosité, la cours arrière, l’odeur du neuf.


Et j’aime surtout ce vide. Vide d’objets, vide de présence, vide de moi-même et vide d’espace de rangement. Ben oui. Un loft, y a rarement beaucoup d’espace de rangement. Ce qui m’a porté à revoir la nécessité de garder certains objets. Depuis des semaines, je fais le ménage dans ce que je possède. Pas besoin de vous nommer tout ce dont je me suis défait, y compris des objets auxquels je tenais, jadis.


Je suis heureux de constater que je ne pourrai plus entreposer des « choses inutiles », que dans les recoins de ma Nouvelle Maison, il n’y aura rien d’autre que du vide pour que je puisse m’y retrouver, y respirer librement. Je suis heureux de voir que tous ces objets, vêtements que je ne porte plus, ensemble de vaisselle en grande quantité, souvenirs qui ne servent qu’à rester accrocher à hier, vieilles factures qui me rappellent mes soucis financiers du passé, photos franchement sans importance, etc, représentent ce qui se cachait dans les recoins de mon esprit. Ce vide que je fais physiquement se transpose doucement dans mon cœur et dans mon esprit que je sens de plus en plus libres de tout.


Je suis allé souvent dans mon nouvel appartement durant le dernier mois pour y faire quelques travaux extérieurs (hey, j’ai une cours quand-même…ah ah ah !) et à chaque fois, je m’y sentais bien, comme si j’habitais déjà dans cet endroit. Bien sûr, j’aime le confort et c’est avec impatience que j’ai hâte d’être installé pour vrai. Mais je laisse une grande place au vide, question d’avoir la liberté de m’y retrouver quand j’en aurai envie.


J’ai bien hâte de vous inviter dans ma Nouvelle Maison…


Stéphane XX…

lundi 8 juin 2009

La dernière marche…

J’ai longtemps cru que ma Vie était un combat sans fin. J’ai longtemps cru que les hommes étaient contre moi et qu’ils étaient tous plus beaux que moi. J’ai longtemps cru que les hétéros étaient plus grands que moi et que certaines femmes portaient en elle une amertume contre moi. J’ai longtemps pensé que je devais douter de moi parce que quand j’étais petit, je vivais comme ça et je pensais que c’est ce que j’étais. Même devenu adulte.


J’ai longtemps pensé que les riches étaient plus riches que moi, que les autres avaient plus que moi et que les amoureux que je croisais dans la rue sortaient d’une histoire de fiction et que tout ça n’était pas vrai. J’ai longtemps cru que je n’y avais pas droit, que tout ça était loin de moi.


J’ai longtemps cru que mon corps n’était pas dans les normes, qu’on ne me regardait jamais avec envie et que moi-même, lorsque je me voyais dans un miroir, je devais être dégoûté de ma propre image. J’ai longtemps cru que je devais me battre contre les autres, contre moi et contre une Vie que je voulais grande et merveilleuse.


Ce soir, je ne crois plus rien de tout ça…


Ce soir, je cesse la guerre contre moi…


Ce soir, je découvre la paix, doucement…


Non, je ne suis pas parfaitement heureux. Non, je ne suis pas entièrement libre. Non, je ne suis pas totalement l’être que j’aspire à devenir. Mais je comprends que toutes ces guerres passées, tous ces combats contre moi, toutes ces remises en questions, ces larmes, ces joies, ces rencontres, ces séparations, ces trahisons ont construit l’Homme que je suis aujourd’hui.


Ce soir, je monte la dernière marche vers l’Être que je suis. Plus rien n’a d’importance, sinon, le bonheur de vivre, le présent, la Vérité et les autres humains qui m’entourent et pour qui je voue un amour véritable.


Ce soir, je monte la dernière marche vers ma nouvelle Vie. Oui, avec un grand « V ».


Stéphane XX…

samedi 30 mai 2009

Je n'ai pas besoin d'applaudissements


À une époque où les vedettes instantanées se font de plus en plus nombreuses. À une époque où on a perdu un peu le sens de l’amour propre. À une époque où les carences affectives et amoureuses sont telles que nous sommes prêts à bien des sacrifices pour en recevoir davantage, comme pour nous prouver que nous sommes aimés, moi, je choisis un autre chemin…


Je n’ai pas besoin d’applaudissements.


Je fais de la scène depuis que je suis très jeune, ayant commencé par des spectacles donnés dans le jardin de mes parents, puis un premier show sur une vraie scène, à 11 ans, en compagnie de mon amie Linda. Nous faisions de la magie…Ensuite, la musique a prit toute la place, me donnant les ailes dont j’avais besoin. Mais je chantais, comme plusieurs, pour être aimé, admiré et adulé. Et ça marchait. On aimait ma voix. On aimait me voir sur scène. On m’aimait, moi. On me déposait sur des piédestaux sur lesquels je n’étais pas à l’aise parce que cet amour me semblait faux ou mal dirigé.


Ou mal demandé…


Puis les années sont passées sans que je fasse carrière dans la chanson. Heureusement pour moi. Heureusement pour les autres. J’aurais sans doute été de ceux qui veulent toute l’attention, j’en aurais demandé encore et encore et j’aurais souffert de solitude, en silence, mais on aurait continué de m’aimer, pour l’artiste que j’aurais eu tendance à devenir, pas pour l’homme que je suis.


Aujourd’hui, je n’ai pas besoin d’applaudissements.


J’aime partager l’artiste que je suis, partager ma voix, mes émotions, mes connaissances, mes expériences. Et l’homme que je suis devenu. Si je le fais sur scène, c’est parce que oui, j’ai un grand besoin d’amour, comme tous les artistes. Sinon, je chanterais encore dans le jardin de mes parents. Mais j’ai de moins en moins besoin de la reconnaissance des autres parce maintenant, je la retrouve dans ce regard aimant que je pose sur moi, quand je me vois dans un miroir…


Merci pour vos applaudissements, ils me font toujours plaisir. Et encore plus aujourd’hui, parce que je ne m’y attends plus…


Stéphane XX…

dimanche 17 mai 2009

Cette pierre que je tiens dans ma main

Elle était là, mais je l’avais oubliée. Peut-être l’avais-je simplement laissé traîner dans ma poche. Peut-être l’avais-je caché volontairement, préférant vivre de nouvelles aventures qui me feraient grandir encore plus. Mais elle est restée là, à m’attendre.


Cette pierre, pour moi, représente l’amour. Celui que je me porte, celui que j’oublis parfois, celui qui est trop petit, bien souvent. Heureusement, cet amour n’est pas perdu à jamais. Heureusement, cet amour est solide quand on sait le retrouver. Ces derniers temps, j’avais oublié de m’aimer. J’avais laissé le soin aux autres d’essayer de le faire à ma place et je cherchais cet amour dans les yeux des autres quand ils me regardaient et dans leur cœur, quand ils m’aimaient. Je voyais en eux celui que j’aurais voulu être et je prétendais les aimer pour m’aider, peut-être, à trouver cet amour pour moi-même. Mais ma pierre s’est perdue à travers tout ça. Elle ne savait plus comment rester près de moi, moi, qui ne lui étais plus fidèle.


Et ce matin, à mon réveil, je l’ai vu, par terre, près de mon lit. Elle était là, impatiente de me retrouver. Je l’ai prise dans ma main, l’ai regardé longuement, songeant aux années passées sans elle.


Et depuis ce matin, je respire mieux, je chante mieux et j’aime mieux. Je me sens redevenir celui que j’ai toujours été, bien avant de perdre ma pierre.


Je peux maintenant t’aimer.


Tu peux aussi m’aimer si tu le souhaite.


Mais pour être vrai envers moi, je dois te dire que je n’ai pas besoin de ton amour, j’ai juste besoin de partager le mien avec le tien…


Stéphane XX…

dimanche 10 mai 2009

Combattre, se battre, lutter et baisser les armes…



Je suis né en 1967…


…et j’ai lutté comme un fou pour ne pas sortir du ventre de ma mère et pour y rester à tout jamais. Mon âme avait mal, mais elle voulait aussi expérimenter une nouvelle Vie. J’imagine. Les médecins m’ont forcé à entrer dans ce monde et pour y arriver, ils ont utilisés des forceps (instruments à pinces dont on se servait pour les accouchements difficiles). J’ai donc lutté pour ne pas sortir, ne pas souffrir, ne pas vivre. Puis, d’un seul coup, comme pour dire : « Vous voulez que je sorte ? Me voilà ! ». Je suis arrivé en trombe, écorchant tout mon visage sur la table d’accouchement et gardant des cicatrices durant quelque temps.

Pendant les années 70…

…j’ai lutté contre une enfance où j’avais peur. De qui ? De quoi ? Je ne sais pas. Peut-être de moi. Et sans doute, la peur d’affronter tout ce qui s’en venait. Peut-être étais-je déjà collé à mon intuition comme je le suis aujourd’hui. Je voyais des monstres, je sentais des souffles, j’espérais la paix, j’avais peur des autres et de la nuit.

Et les années 80 sont arrivées…

…pour que je lutte contre une mode franchement très laide…ah ah ah ! (je voulais mettre un peu d’humour dans mon texte…). Mais j’ai surtout lutté contre moi et contre cette énorme différence qui faisait de moi un adolescent à part des autres, brandissant la joie de vivre, l’humour, le bonheur et l’amour pour dissimuler la grande tristesse de ne pas être « comme les autres ». Je luttais contre mes désirs que je croyais mauvais et reprochables, comme si l’amour que je ressentais pour les hommes était un péché accusable. J’étais pourtant si fier d’être qui j’étais. Tellement fier. Mais j’en avais peur aussi.

Et ce sont les années 90 qui ont été marquantes…

…parce que je luttais maintenant contre l’amour. Celui que j’avais pour Lui, dont l’amitié m’était plus qu’importante. C’est d’ailleurs à Lui que j’ai d’abord offert mon grand secret, celui avec lequel je luttais dans les années 80. Lui, m’a permit de me libérer par sa grande écoute et son respect, mais je devais me battre contre cet amour à sens unique, contre tous ces amours à sens unique. J’apprenais maintenant à lutter contre moi, comme pendant mon enfance. Lui, m’a servi de guide, de phare pour avancer vers celui que je suis aujourd’hui.

Et aujourd’hui, en 2009…

…je lutte encore. Contre moi. Je me bats sans cesse. Je lutte maintenant contre d’autres Lui, quelques Elle, mais surtout contre un Moi qui n’est pas complètement sorti du ventre de sa mère. Il y a encore une partie de moi qui est resté là, coincé.

Mais aujourd’hui, je choisis de baisser les armes, de ne plus lutter, de ne plus chercher le combat. Lui, et je te parle à Toi, je nous souhaite une Vie simple et harmonieuse, belle et aimante comme Nous savons le faire. À Lui, les Elles, ma Mère, mon Père, Moi, Meilleures Amies, Amis, Frère, je vous dis que je me libère de cette emprise que le combat avait sur moi, depuis 1967. Je me libère de cette peur. Je me libère de tout et je prends un nouvel envol.

Merci de voler avec Moi ! Merci de faire la paix avec Moi et Vous !

Je Vous aime.

Stéphane XX…


samedi 25 avril 2009

Mon ami Chenille

…et mon ami chenille et moi, marchions côtes à côtes, comme nous en avions l’habitude depuis quelque temps. Nous étions tous les deux des chenilles qui regardaient vers un même but, un même désir de grandir et de voler, un jour. J’apprenais à le connaître et j’échangeais des morceaux de ma Vie avec lui. Nous parlions de notre enfance respective, la sienne étant plus récente que la mienne. Mais ses idées nouvelles, jumelées à mon expérience de Vie rendaient nos conversations riches et motivantes, rendaient mes désirs de devenir meilleur, grâce à mon nouvel ami, l’autre chenille.

Puis, avec le temps, par mon amour trop lourd, et par un grand besoin d’être aimé de lui, j’ai étouffé mon ami chenille. Sans le vouloir. J’ai meurtri une partie de lui, comme une blessure que j’ouvrais de nouveau. Et mon ami chenille fit la même chose avec moi, en ouvrant mes plaies non-guéries. Comme si notre amour ne suffisait pas pour nous aimer, il fallait aussi nous blesser, pour prouver cet amour.

Et mon ami chenille a choisi de se refermer et de se taire…

Je regarde mon ami chenille marcher au loin. Parfois devant, parfois derrière. Je suis toujours là, pas très loin, à le regarder, espérant prendre mon envol en même temps que lui. Je retournerais dans mon cocon pour dormir pendant mille ans et recréer un nouveau départ avec cet ami chenille que j’aime tant. Mais mon ami chenille poursuit sa route, sans me faire signe, sans refermer sa blessure, sans se retourner, sans me laisser l’aimer de nouveau…

Je volerai sans doute, un jour. Mais je volerai avec lui, mon ami Chenille.

Je t’aime encore, chenille inspirante.

Stéphane XX…

lundi 20 avril 2009

Les deux Papillons

Je marchais simplement vers l’épicerie. Rien de spécial. Je réfléchissais. Encore. Le nouveau vent printanier me caressait le visage, alors que son soleil chauffait tendrement mon dos. Et je réfléchissais à cet état dans lequel je suis depuis des semaines. J’essayais de comprendre. Je me souvenais des images, des regards, des mots entendus et des premiers moments de notre rencontre. J’aimais tous ces souvenirs. Mais je cherchais des réponses en moi.

J’ai souvent vécu des moments d’ajustements, comme ceux-là et je cherchais la bonne façon de m’en libérer sans trop de dégâts. Cette fois.

Et d’un seul coup, des larmes ont coulés de mes yeux, au moment où elles ont entendue dans ma tête : « Je vais passer au travers ! Encore ! Parce que je suis fort…! » . Et plus je pleurais, plus je parlais à voix haute. En pleine rue. Je me motivais à passer au travers cette période d’adaptation. Période de guérison…

Puis, au lieu de poursuivre ma route vers l’épicerie, j’ai bifurqué vers cette petite forêt, près de chez-moi, qui me sert de refuge dans mes moments de recueillement. Mes larmes n’avaient pas de honte devant ces arbres aimants. Je me sentais protégé et en sécurité. Bien entouré. Et je pleurais bien fort, laissant sortir ma peine, ma colère et ma culpabilité par ces larmes libératrices.

Et un premier papillon est venu vers moi, me regardant de toute sa tendresse. C’était toi, je le sais. Et un deuxième est venu le rejoindre. Ils tournaient au-dessus de moi, comme pour m’accompagner et me faire comprendre qu’ils étaient nous, me montrant la beauté de leur harmonie. Me montrant aussi la nôtre, celle à laquelle nous aspirons tous les deux. Ils semblaient danser. Ensemble. Oui, ensemble ! Côté à côté et dans une symbiose presque parfaite. Je pensais à nous à ce moment et à ce que nous serons lorsque nous serons devenus papillon, toi et moi…Ils volaient vers le ciel. Très haut. Haut, comme là où nous serons un jour…

Merci de me laisser prendre le temps de comprendre le papillon que tu es. Merci de comprendre celui que je suis. Merci de prendre le temps d’être à mes côtés. Merci de me laisser marcher près de toi. Merci de me laisser t’aimer. Juste pour aimer…

Je t’aime, douce chenille.

Stéphane XX…