samedi 27 février 2010
...
Cherchant une proie pour l'engloutir
J'ai un peu peur de toute cette eau
J'ai un peu froid sur mon navire
Et je penche à tribord, j'hésite à bâbord
J'analyse l'horizon trop loin
Des centaines d'oiseaux carnivores
Tentent de me conduire au matin
Et je navigue, je divague, je pleure aussi
Le soleil de fait trop absent
La lune qui devient trop rubis
Ma Vie qui ressemble au néant
Et je m'épuise, je laisse tomber mon gouvernail
La houle me porte vers je ne sais où
Ma Rose des Vents est en bataille
Mais ce sera mieux que n'importe où
Et l'étoile allume enfin le soleil éteint
J'ouvre les yeux, j'ouvre mon coeur
C'est avec mes doigts que je peints
La toile dont jadis, j'avais peur
Elle est belle, elle est oeuvre, elle est ce que je suis
Du bleu ici, du jaune par là
Des chansons trouvées dans un cri
Et l'Amour qui à jamais vivra...
Et je navigue parmi les autres voiles
Cherchant l'oiseau des Amours
Et je dessine sur une grande toile
Celui que je cherche depuis des jours
Et je lance des bouteilles pleines de chansons
Paroles cachées depuis longtemps
Mais le verre casse à l'occasion
Et les mots se noient pendant que j'attends
Et le Goëland me lance un sourire
Voilà l'espoir qui rejaillit
J'avais pourtant vu le pire
Et la chanson nage enfin sur la Vie
L'inconnu, derrière sa voile, est discret
Il regarde de loin les oiseaux
Et je suis là, satisfait
De ma bouteille dans ses yeux...
Stéphane Castellon
mardi 15 septembre 2009
Réussites vs Échecs

Il est 21h. Nous sommes mardi. Je me suis versé un verre de porto vingt ans avant de m’installer devant l’écran pour écrire et déverser mon besoin d’auto-reconnaissance.
Ce matin, j’ai débuté la journée avec un sentiment d’échec. Encore. Et durant toute la journée qui a suivi, j’ai songé à mes réussites, question d’oublier mon sentiment.
Et ce soir, mon verre de porto à mes côtés, j’en fais la liste :
- à 11 ans, j’ai fait mon premier spectacle de magie devant 400 personnes
- à 22, mon premier one man show devant près de 800 personnes.
- j’ai interviewé Céline Dion à trois reprises
- à 25 ans, j’ai affirmé mon homosexualité avec courage et tendresse
- j’ai fait un voyage de trois mois au Mexique pour donner un sens à ma Vie
- j’ai chanté devant 10 000 personnes à l’été 2009
- mes parents sont toujours ensemble
- j’ai un appartement de rêve
- j’ai la meilleure amie au monde. Michou, je t’aime !
- j’ai une autre meilleure amie au monde. Isabelle, je t’aime !
- je pleure en ce moment et j’ose le laisser sentir
- j’aime celui que je suis et j’ose l’affirmer
- j’ai côtoyé Heat Ledger et Richard Gere pendant une journée
- j’ai pissé à côté de Scott Speedman (ah ah !)
- j’ai tourné avec Dustin Hoffman, Paul Giamatti et Minnie Driver
- je suis resté le cœur dans l’amour depuis janvier 2009, malgré la colère
- à mon premier vernissage, en 2004, j’ai vendu 18 des 19 toiles exposées.
- depuis, plus de 50 personnes ont une de mes œuvres chez-eux
- les hommes qui me faisaient peur, aiment être à mes côtés aujourd’hui
- j’ai donné mon chien Péki à un vieux couple
- j’ai aimé profondément et pour vrai
- j’ai sauvé un homme du suicide
- j’ai pardonné plus d’une fois
- je suis un bon ami
- je french bien (hé hé !)
- je sais aimer…etc…
Et pourtant, ce matin, en me disant que je vivais encore un échec, je pensais à Lui qui ne m’a pas choisi, à L’Autre qui m’a dit non, à Celui-là qui a refusé mon amour, à Cet Autre qui m’a aimé et est parti et à Tous Ceux-là qui semblent ne pas vouloir me voir quand je passe.
Quand je regarde mes réussites, je comprends que je suis plus victorieux que je ne le pense et que mes échecs ne sont que des expériences de plus pour m’aider à grandir et à m’aimer. Ce soir, ma grande réussite et de voir dans mes yeux l’étincelle qui reste toujours allumée…
Stéphane XX…
lundi 15 juin 2009
Faire place au vide

« Ayez un esprit silencieux ». Ce sont les paroles d’un sage indien que je viens de découvrir, Krishnamurti (merci Daniel pour cette découverte). Il dit que nous devons arriver à avoir un esprit silencieux pour pouvoir nous reconnecter à nous-mêmes.
Je suis allé souvent dans mon nouvel appartement durant le dernier mois pour y faire quelques travaux extérieurs (hey, j’ai une cours quand-même…ah ah ah !) et à chaque fois, je m’y sentais bien, comme si j’habitais déjà dans cet endroit. Bien sûr, j’aime le confort et c’est avec impatience que j’ai hâte d’être installé pour vrai. Mais je laisse une grande place au vide, question d’avoir la liberté de m’y retrouver quand j’en aurai envie.
lundi 8 juin 2009
La dernière marche…

J’ai longtemps cru que ma Vie était un combat sans fin. J’ai longtemps cru que les hommes étaient contre moi et qu’ils étaient tous plus beaux que moi. J’ai longtemps cru que les hétéros étaient plus grands que moi et que certaines femmes portaient en elle une amertume contre moi. J’ai longtemps pensé que je devais douter de moi parce que quand j’étais petit, je vivais comme ça et je pensais que c’est ce que j’étais. Même devenu adulte.
samedi 30 mai 2009
Je n'ai pas besoin d'applaudissements

À une époque où les vedettes instantanées se font de plus en plus nombreuses. À une époque où on a perdu un peu le sens de l’amour propre. À une époque où les carences affectives et amoureuses sont telles que nous sommes prêts à bien des sacrifices pour en recevoir davantage, comme pour nous prouver que nous sommes aimés, moi, je choisis un autre chemin…
Je n’ai pas besoin d’applaudissements.
Je fais de la scène depuis que je suis très jeune, ayant commencé par des spectacles donnés dans le jardin de mes parents, puis un premier show sur une vraie scène, à 11 ans, en compagnie de mon amie Linda. Nous faisions de la magie…Ensuite, la musique a prit toute la place, me donnant les ailes dont j’avais besoin. Mais je chantais, comme plusieurs, pour être aimé, admiré et adulé. Et ça marchait. On aimait ma voix. On aimait me voir sur scène. On m’aimait, moi. On me déposait sur des piédestaux sur lesquels je n’étais pas à l’aise parce que cet amour me semblait faux ou mal dirigé.
Ou mal demandé…
Puis les années sont passées sans que je fasse carrière dans la chanson. Heureusement pour moi. Heureusement pour les autres. J’aurais sans doute été de ceux qui veulent toute l’attention, j’en aurais demandé encore et encore et j’aurais souffert de solitude, en silence, mais on aurait continué de m’aimer, pour l’artiste que j’aurais eu tendance à devenir, pas pour l’homme que je suis.
Aujourd’hui, je n’ai pas besoin d’applaudissements.
J’aime partager l’artiste que je suis, partager ma voix, mes émotions, mes connaissances, mes expériences. Et l’homme que je suis devenu. Si je le fais sur scène, c’est parce que oui, j’ai un grand besoin d’amour, comme tous les artistes. Sinon, je chanterais encore dans le jardin de mes parents. Mais j’ai de moins en moins besoin de la reconnaissance des autres parce maintenant, je la retrouve dans ce regard aimant que je pose sur moi, quand je me vois dans un miroir…
Merci pour vos applaudissements, ils me font toujours plaisir. Et encore plus aujourd’hui, parce que je ne m’y attends plus…
Stéphane XX…
dimanche 17 mai 2009
Cette pierre que je tiens dans ma main

Elle était là, mais je l’avais oubliée. Peut-être l’avais-je simplement laissé traîner dans ma poche. Peut-être l’avais-je caché volontairement, préférant vivre de nouvelles aventures qui me feraient grandir encore plus. Mais elle est restée là, à m’attendre.
Cette pierre, pour moi, représente l’amour. Celui que je me porte, celui que j’oublis parfois, celui qui est trop petit, bien souvent. Heureusement, cet amour n’est pas perdu à jamais. Heureusement, cet amour est solide quand on sait le retrouver. Ces derniers temps, j’avais oublié de m’aimer. J’avais laissé le soin aux autres d’essayer de le faire à ma place et je cherchais cet amour dans les yeux des autres quand ils me regardaient et dans leur cœur, quand ils m’aimaient. Je voyais en eux celui que j’aurais voulu être et je prétendais les aimer pour m’aider, peut-être, à trouver cet amour pour moi-même. Mais ma pierre s’est perdue à travers tout ça. Elle ne savait plus comment rester près de moi, moi, qui ne lui étais plus fidèle.
Et ce matin, à mon réveil, je l’ai vu, par terre, près de mon lit. Elle était là, impatiente de me retrouver. Je l’ai prise dans ma main, l’ai regardé longuement, songeant aux années passées sans elle.
Et depuis ce matin, je respire mieux, je chante mieux et j’aime mieux. Je me sens redevenir celui que j’ai toujours été, bien avant de perdre ma pierre.
Je peux maintenant t’aimer.
Tu peux aussi m’aimer si tu le souhaite.
Mais pour être vrai envers moi, je dois te dire que je n’ai pas besoin de ton amour, j’ai juste besoin de partager le mien avec le tien…
Stéphane XX…
dimanche 10 mai 2009
Combattre, se battre, lutter et baisser les armes…

Je suis né en 1967…
…et j’ai lutté comme un fou pour ne pas sortir du ventre de ma mère et pour y rester à tout jamais. Mon âme avait mal, mais elle voulait aussi expérimenter une nouvelle Vie. J’imagine. Les médecins m’ont forcé à entrer dans ce monde et pour y arriver, ils ont utilisés des forceps (instruments à pinces dont on se servait pour les accouchements difficiles). J’ai donc lutté pour ne pas sortir, ne pas souffrir, ne pas vivre. Puis, d’un seul coup, comme pour dire : « Vous voulez que je sorte ? Me voilà ! ». Je suis arrivé en trombe, écorchant tout mon visage sur la table d’accouchement et gardant des cicatrices durant quelque temps.
Pendant les années 70…
…j’ai lutté contre une enfance où j’avais peur. De qui ? De quoi ? Je ne sais pas. Peut-être de moi. Et sans doute, la peur d’affronter tout ce qui s’en venait. Peut-être étais-je déjà collé à mon intuition comme je le suis aujourd’hui. Je voyais des monstres, je sentais des souffles, j’espérais la paix, j’avais peur des autres et de la nuit.
Et les années 80 sont arrivées…
…pour que je lutte contre une mode franchement très laide…ah ah ah ! (je voulais mettre un peu d’humour dans mon texte…). Mais j’ai surtout lutté contre moi et contre cette énorme différence qui faisait de moi un adolescent à part des autres, brandissant la joie de vivre, l’humour, le bonheur et l’amour pour dissimuler la grande tristesse de ne pas être « comme les autres ». Je luttais contre mes désirs que je croyais mauvais et reprochables, comme si l’amour que je ressentais pour les hommes était un péché accusable. J’étais pourtant si fier d’être qui j’étais. Tellement fier. Mais j’en avais peur aussi.
Et ce sont les années 90 qui ont été marquantes…
…parce que je luttais maintenant contre l’amour. Celui que j’avais pour Lui, dont l’amitié m’était plus qu’importante. C’est d’ailleurs à Lui que j’ai d’abord offert mon grand secret, celui avec lequel je luttais dans les années 80. Lui, m’a permit de me libérer par sa grande écoute et son respect, mais je devais me battre contre cet amour à sens unique, contre tous ces amours à sens unique. J’apprenais maintenant à lutter contre moi, comme pendant mon enfance. Lui, m’a servi de guide, de phare pour avancer vers celui que je suis aujourd’hui.
Et aujourd’hui, en 2009…
…je lutte encore. Contre moi. Je me bats sans cesse. Je lutte maintenant contre d’autres Lui, quelques Elle, mais surtout contre un Moi qui n’est pas complètement sorti du ventre de sa mère. Il y a encore une partie de moi qui est resté là, coincé.
Mais aujourd’hui, je choisis de baisser les armes, de ne plus lutter, de ne plus chercher le combat. Lui, et je te parle à Toi, je nous souhaite une Vie simple et harmonieuse, belle et aimante comme Nous savons le faire. À Lui, les Elles, ma Mère, mon Père, Moi, Meilleures Amies, Amis, Frère, je vous dis que je me libère de cette emprise que le combat avait sur moi, depuis 1967. Je me libère de cette peur. Je me libère de tout et je prends un nouvel envol.
Merci de voler avec Moi ! Merci de faire la paix avec Moi et Vous !
Je Vous aime.
Stéphane XX…
samedi 25 avril 2009
Mon ami Chenille
Puis, avec le temps, par mon amour trop lourd, et par un grand besoin d’être aimé de lui, j’ai étouffé mon ami chenille. Sans le vouloir. J’ai meurtri une partie de lui, comme une blessure que j’ouvrais de nouveau. Et mon ami chenille fit la même chose avec moi, en ouvrant mes plaies non-guéries. Comme si notre amour ne suffisait pas pour nous aimer, il fallait aussi nous blesser, pour prouver cet amour.
Et mon ami chenille a choisi de se refermer et de se taire…
Je regarde mon ami chenille marcher au loin. Parfois devant, parfois derrière. Je suis toujours là, pas très loin, à le regarder, espérant prendre mon envol en même temps que lui. Je retournerais dans mon cocon pour dormir pendant mille ans et recréer un nouveau départ avec cet ami chenille que j’aime tant. Mais mon ami chenille poursuit sa route, sans me faire signe, sans refermer sa blessure, sans se retourner, sans me laisser l’aimer de nouveau…
Je volerai sans doute, un jour. Mais je volerai avec lui, mon ami Chenille.
Je t’aime encore, chenille inspirante.
Stéphane XX…
lundi 20 avril 2009
Les deux Papillons
J’ai souvent vécu des moments d’ajustements, comme ceux-là et je cherchais la bonne façon de m’en libérer sans trop de dégâts. Cette fois.
Et d’un seul coup, des larmes ont coulés de mes yeux, au moment où elles ont entendue dans ma tête : « Je vais passer au travers ! Encore ! Parce que je suis fort…! » . Et plus je pleurais, plus je parlais à voix haute. En pleine rue. Je me motivais à passer au travers cette période d’adaptation. Période de guérison…
Puis, au lieu de poursuivre ma route vers l’épicerie, j’ai bifurqué vers cette petite forêt, près de chez-moi, qui me sert de refuge dans mes moments de recueillement. Mes larmes n’avaient pas de honte devant ces arbres aimants. Je me sentais protégé et en sécurité. Bien entouré. Et je pleurais bien fort, laissant sortir ma peine, ma colère et ma culpabilité par ces larmes libératrices.
Et un premier papillon est venu vers moi, me regardant de toute sa tendresse. C’était toi, je le sais. Et un deuxième est venu le rejoindre. Ils tournaient au-dessus de moi, comme pour m’accompagner et me faire comprendre qu’ils étaient nous, me montrant la beauté de leur harmonie. Me montrant aussi la nôtre, celle à laquelle nous aspirons tous les deux. Ils semblaient danser. Ensemble. Oui, ensemble ! Côté à côté et dans une symbiose presque parfaite. Je pensais à nous à ce moment et à ce que nous serons lorsque nous serons devenus papillon, toi et moi…Ils volaient vers le ciel. Très haut. Haut, comme là où nous serons un jour…
Merci de me laisser prendre le temps de comprendre le papillon que tu es. Merci de comprendre celui que je suis. Merci de prendre le temps d’être à mes côtés. Merci de me laisser marcher près de toi. Merci de me laisser t’aimer. Juste pour aimer…
Je t’aime, douce chenille.
Stéphane XX…
vendredi 16 janvier 2009
Pour $7.50...

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Après un grande journée de travail de dix heures et plusieurs dizaines de dollars de plus dans mes poches (je suis serveur), le coeur joyeux, les jambes qui demandent du repos, je sors du resto vers 22h. Évidemment l'air est glaçial et je me dirige vers le métro. Un jeune d'environ 20 ans m'accoste pour que je lui donne quelques sous. Comme à l'habitude, je dis que je n'en ai pas. Puis, après quelques pas, je pense à ces dizaines de dollars que j'ai sur moi et pour lesquels j'ai travaillé au chaud, en mangeant à ma faim et avec des gens que j'aime. Je me ravise et reviens sur mes pas. Mais je ne trouve plus le jeune homme en question.
Je le vois, tout à coup, près d'une voiture. Je vais vers lui, lui offrant $7.50, argent qui était à portée de ma main. Il me remercie tellement que j'en suis presque intimidé. Je lui dit qu'il devrait aller manger. Il me remercie de nouveau et je reprends mon chemin vers le métro où le jeune homme me suit. Il ne cesse de répéter : "Chu content. Chu tellement content ! Y fait tellement froid. Chu content !". ( je verse des larmes en écrivant cette phrase...). J'ai vécu un moment extrêment touchant ce soir...Il me disait : "Ma blonde est de l'autre côté, sur Ste-Catherine. Je vais la chercher et on rentre chez-nous. Merci. Chu tellement content !".
Vous imaginez ? Tout ça pour un simple $7.50...Ouf ! Que je pleure en ce moment...
Je remercie la Vie pour toute cette abondance que j'ai. Ce plaisir que j'ai à vivre. Cette Vie qui me donne tout ce que je veux. J'ai le grand privilège d'avoir tous mes membres, de la volonté, du talent, un grand sens de l'humour et le courage de marcher sur cette route si difficile parfois...Merci à ce jeune homme que j'ai croisé ce soir...Merci mon ami...
Merci à vous, avec qui je peux partager ce moment unique que j'ai vécu ce soir...Je verse de grandes et belles larmes de bonheur parce que je suis un homme heureux, moi...
Qu'il en soit de même pour vous...
Stéphane XX...