dimanche 17 mai 2009

Cette pierre que je tiens dans ma main

Elle était là, mais je l’avais oubliée. Peut-être l’avais-je simplement laissé traîner dans ma poche. Peut-être l’avais-je caché volontairement, préférant vivre de nouvelles aventures qui me feraient grandir encore plus. Mais elle est restée là, à m’attendre.


Cette pierre, pour moi, représente l’amour. Celui que je me porte, celui que j’oublis parfois, celui qui est trop petit, bien souvent. Heureusement, cet amour n’est pas perdu à jamais. Heureusement, cet amour est solide quand on sait le retrouver. Ces derniers temps, j’avais oublié de m’aimer. J’avais laissé le soin aux autres d’essayer de le faire à ma place et je cherchais cet amour dans les yeux des autres quand ils me regardaient et dans leur cœur, quand ils m’aimaient. Je voyais en eux celui que j’aurais voulu être et je prétendais les aimer pour m’aider, peut-être, à trouver cet amour pour moi-même. Mais ma pierre s’est perdue à travers tout ça. Elle ne savait plus comment rester près de moi, moi, qui ne lui étais plus fidèle.


Et ce matin, à mon réveil, je l’ai vu, par terre, près de mon lit. Elle était là, impatiente de me retrouver. Je l’ai prise dans ma main, l’ai regardé longuement, songeant aux années passées sans elle.


Et depuis ce matin, je respire mieux, je chante mieux et j’aime mieux. Je me sens redevenir celui que j’ai toujours été, bien avant de perdre ma pierre.


Je peux maintenant t’aimer.


Tu peux aussi m’aimer si tu le souhaite.


Mais pour être vrai envers moi, je dois te dire que je n’ai pas besoin de ton amour, j’ai juste besoin de partager le mien avec le tien…


Stéphane XX…

dimanche 10 mai 2009

Combattre, se battre, lutter et baisser les armes…



Je suis né en 1967…


…et j’ai lutté comme un fou pour ne pas sortir du ventre de ma mère et pour y rester à tout jamais. Mon âme avait mal, mais elle voulait aussi expérimenter une nouvelle Vie. J’imagine. Les médecins m’ont forcé à entrer dans ce monde et pour y arriver, ils ont utilisés des forceps (instruments à pinces dont on se servait pour les accouchements difficiles). J’ai donc lutté pour ne pas sortir, ne pas souffrir, ne pas vivre. Puis, d’un seul coup, comme pour dire : « Vous voulez que je sorte ? Me voilà ! ». Je suis arrivé en trombe, écorchant tout mon visage sur la table d’accouchement et gardant des cicatrices durant quelque temps.

Pendant les années 70…

…j’ai lutté contre une enfance où j’avais peur. De qui ? De quoi ? Je ne sais pas. Peut-être de moi. Et sans doute, la peur d’affronter tout ce qui s’en venait. Peut-être étais-je déjà collé à mon intuition comme je le suis aujourd’hui. Je voyais des monstres, je sentais des souffles, j’espérais la paix, j’avais peur des autres et de la nuit.

Et les années 80 sont arrivées…

…pour que je lutte contre une mode franchement très laide…ah ah ah ! (je voulais mettre un peu d’humour dans mon texte…). Mais j’ai surtout lutté contre moi et contre cette énorme différence qui faisait de moi un adolescent à part des autres, brandissant la joie de vivre, l’humour, le bonheur et l’amour pour dissimuler la grande tristesse de ne pas être « comme les autres ». Je luttais contre mes désirs que je croyais mauvais et reprochables, comme si l’amour que je ressentais pour les hommes était un péché accusable. J’étais pourtant si fier d’être qui j’étais. Tellement fier. Mais j’en avais peur aussi.

Et ce sont les années 90 qui ont été marquantes…

…parce que je luttais maintenant contre l’amour. Celui que j’avais pour Lui, dont l’amitié m’était plus qu’importante. C’est d’ailleurs à Lui que j’ai d’abord offert mon grand secret, celui avec lequel je luttais dans les années 80. Lui, m’a permit de me libérer par sa grande écoute et son respect, mais je devais me battre contre cet amour à sens unique, contre tous ces amours à sens unique. J’apprenais maintenant à lutter contre moi, comme pendant mon enfance. Lui, m’a servi de guide, de phare pour avancer vers celui que je suis aujourd’hui.

Et aujourd’hui, en 2009…

…je lutte encore. Contre moi. Je me bats sans cesse. Je lutte maintenant contre d’autres Lui, quelques Elle, mais surtout contre un Moi qui n’est pas complètement sorti du ventre de sa mère. Il y a encore une partie de moi qui est resté là, coincé.

Mais aujourd’hui, je choisis de baisser les armes, de ne plus lutter, de ne plus chercher le combat. Lui, et je te parle à Toi, je nous souhaite une Vie simple et harmonieuse, belle et aimante comme Nous savons le faire. À Lui, les Elles, ma Mère, mon Père, Moi, Meilleures Amies, Amis, Frère, je vous dis que je me libère de cette emprise que le combat avait sur moi, depuis 1967. Je me libère de cette peur. Je me libère de tout et je prends un nouvel envol.

Merci de voler avec Moi ! Merci de faire la paix avec Moi et Vous !

Je Vous aime.

Stéphane XX…


samedi 25 avril 2009

Mon ami Chenille

…et mon ami chenille et moi, marchions côtes à côtes, comme nous en avions l’habitude depuis quelque temps. Nous étions tous les deux des chenilles qui regardaient vers un même but, un même désir de grandir et de voler, un jour. J’apprenais à le connaître et j’échangeais des morceaux de ma Vie avec lui. Nous parlions de notre enfance respective, la sienne étant plus récente que la mienne. Mais ses idées nouvelles, jumelées à mon expérience de Vie rendaient nos conversations riches et motivantes, rendaient mes désirs de devenir meilleur, grâce à mon nouvel ami, l’autre chenille.

Puis, avec le temps, par mon amour trop lourd, et par un grand besoin d’être aimé de lui, j’ai étouffé mon ami chenille. Sans le vouloir. J’ai meurtri une partie de lui, comme une blessure que j’ouvrais de nouveau. Et mon ami chenille fit la même chose avec moi, en ouvrant mes plaies non-guéries. Comme si notre amour ne suffisait pas pour nous aimer, il fallait aussi nous blesser, pour prouver cet amour.

Et mon ami chenille a choisi de se refermer et de se taire…

Je regarde mon ami chenille marcher au loin. Parfois devant, parfois derrière. Je suis toujours là, pas très loin, à le regarder, espérant prendre mon envol en même temps que lui. Je retournerais dans mon cocon pour dormir pendant mille ans et recréer un nouveau départ avec cet ami chenille que j’aime tant. Mais mon ami chenille poursuit sa route, sans me faire signe, sans refermer sa blessure, sans se retourner, sans me laisser l’aimer de nouveau…

Je volerai sans doute, un jour. Mais je volerai avec lui, mon ami Chenille.

Je t’aime encore, chenille inspirante.

Stéphane XX…

lundi 20 avril 2009

Les deux Papillons

Je marchais simplement vers l’épicerie. Rien de spécial. Je réfléchissais. Encore. Le nouveau vent printanier me caressait le visage, alors que son soleil chauffait tendrement mon dos. Et je réfléchissais à cet état dans lequel je suis depuis des semaines. J’essayais de comprendre. Je me souvenais des images, des regards, des mots entendus et des premiers moments de notre rencontre. J’aimais tous ces souvenirs. Mais je cherchais des réponses en moi.

J’ai souvent vécu des moments d’ajustements, comme ceux-là et je cherchais la bonne façon de m’en libérer sans trop de dégâts. Cette fois.

Et d’un seul coup, des larmes ont coulés de mes yeux, au moment où elles ont entendue dans ma tête : « Je vais passer au travers ! Encore ! Parce que je suis fort…! » . Et plus je pleurais, plus je parlais à voix haute. En pleine rue. Je me motivais à passer au travers cette période d’adaptation. Période de guérison…

Puis, au lieu de poursuivre ma route vers l’épicerie, j’ai bifurqué vers cette petite forêt, près de chez-moi, qui me sert de refuge dans mes moments de recueillement. Mes larmes n’avaient pas de honte devant ces arbres aimants. Je me sentais protégé et en sécurité. Bien entouré. Et je pleurais bien fort, laissant sortir ma peine, ma colère et ma culpabilité par ces larmes libératrices.

Et un premier papillon est venu vers moi, me regardant de toute sa tendresse. C’était toi, je le sais. Et un deuxième est venu le rejoindre. Ils tournaient au-dessus de moi, comme pour m’accompagner et me faire comprendre qu’ils étaient nous, me montrant la beauté de leur harmonie. Me montrant aussi la nôtre, celle à laquelle nous aspirons tous les deux. Ils semblaient danser. Ensemble. Oui, ensemble ! Côté à côté et dans une symbiose presque parfaite. Je pensais à nous à ce moment et à ce que nous serons lorsque nous serons devenus papillon, toi et moi…Ils volaient vers le ciel. Très haut. Haut, comme là où nous serons un jour…

Merci de me laisser prendre le temps de comprendre le papillon que tu es. Merci de comprendre celui que je suis. Merci de prendre le temps d’être à mes côtés. Merci de me laisser marcher près de toi. Merci de me laisser t’aimer. Juste pour aimer…

Je t’aime, douce chenille.

Stéphane XX…

vendredi 16 janvier 2009

Pour $7.50...


Voici ce que j'ai vécu ce soir, en revenant du travail...(cette histoire est la mienne, celle de Stéphane Castellon. Je ne l'ai pas prise sur le net...)
_____________________________
Après un grande journée de travail de dix heures et plusieurs dizaines de dollars de plus dans mes poches (je suis serveur), le coeur joyeux, les jambes qui demandent du repos, je sors du resto vers 22h. Évidemment l'air est glaçial et je me dirige vers le métro. Un jeune d'environ 20 ans m'accoste pour que je lui donne quelques sous. Comme à l'habitude, je dis que je n'en ai pas. Puis, après quelques pas, je pense à ces dizaines de dollars que j'ai sur moi et pour lesquels j'ai travaillé au chaud, en mangeant à ma faim et avec des gens que j'aime. Je me ravise et reviens sur mes pas. Mais je ne trouve plus le jeune homme en question.

Je le vois, tout à coup, près d'une voiture. Je vais vers lui, lui offrant $7.50, argent qui était à portée de ma main. Il me remercie tellement que j'en suis presque intimidé. Je lui dit qu'il devrait aller manger. Il me remercie de nouveau et je reprends mon chemin vers le métro où le jeune homme me suit. Il ne cesse de répéter : "Chu content. Chu tellement content ! Y fait tellement froid. Chu content !". ( je verse des larmes en écrivant cette phrase...). J'ai vécu un moment extrêment touchant ce soir...Il me disait : "Ma blonde est de l'autre côté, sur Ste-Catherine. Je vais la chercher et on rentre chez-nous. Merci. Chu tellement content !".

Vous imaginez ? Tout ça pour un simple $7.50...Ouf ! Que je pleure en ce moment...

Je remercie la Vie pour toute cette abondance que j'ai. Ce plaisir que j'ai à vivre. Cette Vie qui me donne tout ce que je veux. J'ai le grand privilège d'avoir tous mes membres, de la volonté, du talent, un grand sens de l'humour et le courage de marcher sur cette route si difficile parfois...Merci à ce jeune homme que j'ai croisé ce soir...Merci mon ami...

Merci à vous, avec qui je peux partager ce moment unique que j'ai vécu ce soir...Je verse de grandes et belles larmes de bonheur parce que je suis un homme heureux, moi...

Qu'il en soit de même pour vous...

Stéphane XX...

mardi 14 octobre 2008

INSPIRATION

Il y a quelque temps, j'avais demandé à des amis de s'inspirer de mes photos pour écrire un texte. Voici le résultat de leur créativité, mariée à la mienne...

____________________________________________________

Première saucette...


© photo "première saucette" - stéphane castellon 2008

C’était à première vu un matin comme les autres… Un ciel bleu, agrémenté par ci par là par de magnifiques nuages blanc et un calme serein y régnait. Un calme inhabituel… Même les oiseaux semblaient dormir. Toujours est-il que pour ma part, cette eau me donnait l’impression à chaque fois de rajeunir. Ça me vivifiait à un tel point que j’ai vite pris l’habitude d’y aller chaque mois… et bientôt, chaque jour. Ce coin de paradis, cette vue me semblait tant familière que j’ai du me résoudre à me dire que j’y étais sûrement déjà venue étant enfant.

Ce matin là, j’étais debout à 5h30. Pour ceux qui me connaissent, à cette heure là… je suis généralement dans un sommeil profond… J’étais donc éveillée… et drôlement allumée. C’est alors que je pris ma bicyclette et mon sac à dos et je me rendis sur les abords du lac. C’était d’une magnificence sans fin… Telle une nappe d’huile, l’eau semblait ne plus avoir de vie et reflétait les peintures du ciel. Le vent dormait et les arbres regardaient tous au milieu du lac. J’étais inspirée… et sans crainte. J’étais comme un ange à qui on a donné la permission d’être sur terre pour un court instant. Et des larmes sont montées… J’étais submergée de gratitude d’être en vie et heureuse de pouvoir assister à un tel moment de paix. Je sentais en moi une force infinie… Une force de vivre sans fin, sans mort aucune. Et je la vis. Telle une libellule émeraude transparente, elle est sortie doucement du lac, sans créer le moindre mouvement sur l’eau. L’aube jetait sur elle une lumière quasi lilas et je pouvais voir son léger battement d’ailes… si fragile et si gracieux! Je n’avais jamais rien vu d’aussi majestueux. Ses cheveux roux descendaient en cascades jusqu’à sa taille et son sourire faisait écho au mien. Je ne pouvais même pas cligner des yeux tellement je ne voulais rien manquer… Étais-je donc en train de rêver? L’amour ressentie me confirma que non… C’était fort, vrai et les frissons sur ma peau témoignaient du moment que j’étais en train de vivre.

J’étais en train de voir la plus belle fée du monde.

Spontanément, j’enlevai mes vêtements, sans la perdre de vue et allai la rejoindre dans le lac. Je me laissai porter jusqu’à elle… sans la moindre hésitation. J’arrivai près d’elle et ne put m’empêcher de la regarder droit dans les yeux. Ce que j’y vis me laissa sans mot… une infinitude d’étoiles brillantes de couleur miel et or. Je n’avais jamais rien vu d’aussi beau. Elle avait une bouche et un sourire parfaits, elle semblait faite d’une autre matière… c’était extraordinaire. Et elle me prit dans ses bras, tendrement, avec une infinie douceur. Je pleurai, longtemps. Le bonheur me transportait… J’étais dans les bras de ma mère. Car dans mon dos, sous ma peau… j’avais moi aussi, de belles grandes ailes translucides vertes et mauves sur lesquelles ont pouvaient voir clairement mon nom, Wanhia… Mes ailes se déroulèrent comme un papier parchemin, sans douleur et dans une explosion d’étincelles! Ce lac était donc ma maison…. J’étais une métisse : moitié fée, moitié humaine. Et ce jour là, ma mère me fit don de ses connaissances et je pu comprendre l’étendue de mes capacités. J’ai pu comprendre ma mission sur cette planète… Éduquer les hommes sur la seule façon de vaincre la peur : l’Amour.

©Micheline St-Jean
____________________________________________________
Différente

© photo "seul parmi la foule" - stéphane castellon 2008

J’ai poussé au même rythme que mes semblables. Inspiré par ce même printemps, enraciné dans cette même terre et nourris par ces mêmes pluies, même soleil.

Je ne suis ni plus grande, ni plus forte, n’ai pas plus, ni moins de pétales que les autres. Je suis aussi vivante qu’elles, aussi fragile…

Ce qui me caractérise c’est ma couleur. Celle que j’ai développée, celle qu’on m’a donné. Je me demande parfois pourquoi je ne suis pas comme mes semblables, mornes et ternes, parfois j'aimerais leurs ressembler, mais ce n'est pas le cas.

Je finirai sûrement par faner moi aussi, comme les autres… Mais, à la toute différence que moi je finirai par orner un bouquet, peut-être même celui d’une mariée, qu’on voudra me déposer dans un vase majestueux… Ou on me choisira dans ce lot pour m’enlever mes pétales uns à uns : « il m’aime, un peu, beaucoup, passionnément… » On me prendra parce que je suis différente, parce que je suis MOI !

© Brigitte Laniel

____________________________________________________

Aube bois

© photo "la porte" - stéphane castellon 2008

Aube bois

Pour moi...

c’est là que tout a commencé

dans ce havre de bois

une porte ouverte sur le murmure de mon sang

brûlant d’écrire le beau temps

malgré l’assaut des brulots* qui tout autour

tentaient d’aliéner ma joie

d’être enfin rentrée chez moi !

Oui …

c’est là que tout a commencé

jaillissant en germes de foi

à l’orée des bois.

Depuis, depuis…

mon amour pour toi

sauvage, tendre, fougueux, profond et léger

tout à la fois

n’a cessé de croître

en mes chairs…

cher pays de mon enfance

Terre de mes vers

Refuge de mon âme.

En ton antre de bois je me réinvente

Mondes et vermeils écrits j’enfante.

*pour le lecteur outre-Atlantique, et pour le lecteur passionné des mots en général …

Brulot :

[Québec] Petit moustique noir dont la piqûre provoque une sensation de brûlure suivie de démangeaisons.

OU

[MARINE] [Anciennement] Petite embarcation remplie de matières combustibles et destinée à incendier les vaisseaux ennemis.

Eau-de-vie flambée.

Écrit, discours violent et polémique. Il a publié son brûlot sous un pseudonyme.

[INFORMATIQUE] Message ou article de forum délibérément incendiaire. Lancer un brûlot dans un forum.

©Caroline Legault

Corde à linge

© photo "la corde à linge" - stéphane castellon 2008

Sur une corde raide me voilà suspendue entre ciel et terre.

Sans crainte je me laisse ballotter aux quatre vents.

Il est bon de laisser sécher ses larmes entre deux tempêtes et de s’étendre

de tout son corps dans le vide de nos illusions.

Légèreté d’être dans la matière, réchauffée par une lumière des plus intenses.

Et voilà que je me permets à nouveau d’être à la merci du vent.

Signe du temps qui passe et qui ne reviendra jamais.

Je m’accroche à ma corde raide devenue en ce jour corde à linge.

Souplesse du vêtement qui sèche au soleil, balayé de la grisaille d’un ciel trop sombre.

L’été qui s’achève me chante à l’oreille que le ciel accueille toujours nos regards remplis d’émerveillement.

©Isabelle Castonguay

mercredi 3 septembre 2008

Je ne serai plus là…

©photo - stéphane castellon 2007

« Je ne serai plus là ! », disait cette femme, devant la caméra. « Dans 23 ans ? Ah, je ne serai plus là! ». NE PLUS ÊTRE LÀ ! Pouvez-vous l’imaginer ? J’ai pleuré en entendant cette septuagénaire dire ça…Et en plus, elle l’a dit avec un sourire, les yeux brillants, comme si cette fin était acquise, comme s’il y avait un détachement complet de tout, même de sa propre Vie…

OUF ! Ne plus être là…

J’imagines un instant ce que serait ce sentiment de n’être plus là…J’en pleure encore en écrivant cette phrase…

Bien sûr, nous ne serons plus là, un jour ou l’autre. Peut-être dans vingt ans, dans cinquante ans, dans cent ans (ce que je souhaite bien fort). Mais peut-être, aussi, dans un an, un mois, une semaine. Demain ! OUF !!! Pas demain. C’est trop vite.

Mais on ne sait pas…

Je réalise que je prends pour acquis, le fait de vivre…Malgré que j’apprécie plusieurs aspects de ma Vie, j’oublie peut-être, parfois, d’apprécier ma Vie elle-même. Le vivant en moi, la flamme, toujours allumée, cette étincelle qui elle, ne meurt jamais…

Ne plus être là !!

OUF ! Je n’ose même pas aller me coucher…

J’ai juste envie de vivre encore plus…

Stéphane XX…

samedi 9 août 2008

C’était un p’tit bonheur…

photo ©stéphane castellon 2008


Je me réveille à 8h, comme à presque tous les matins depuis trois mois pour aller travailler. L’argent m’y pousse un peu, mais aussi une certaine forme de plaisir que j’ai décidé d’avoir, malgré qu’à chaque fois, je me demande pourquoi j’ai choisi de retourner en restauration pour finalement répondre moi-même à ma question et réaliser que ça été la solution la plus facile pour moi. À ce moment !

Mais ce matin-là, il pleut très fort, comme à presque tous les matins depuis trois semaines. Je me prépare quand-même, me demandant de quoi j’ai envie aujourd’hui. Et là, je me pose la question sincèrement : ai-je envie d’une journée de congé et tout ce qui va avec (ne pas faire d’argent, entre-autre) ou ai-je plutôt envie de me choisir, d’être avec moi durant cette journée du 8 du 8 de l’an 2008 et faire seulement ce dont j’ai envie ? Et je choisis la deuxième option…

Quelques minutes plus tard, le téléphone sonne, c’est le gérant du restaurant où je travaille qui me dit avec son bel accent anglais que je m’amuse à narguer :

Lui : Allo Stéphâne ! C’est Eric du Trwois Brwasseurs ! Tu as rwemarqué qu’il pleut et qu’il fait frwoid, alorw tu peux rwester à la maison aujourwd’houi.

Moi : D’accorwd !

En une minute de conversation, mon avenir de la journée venait de changer radicalement, à mon plus grand désir…Et là, je suis fier de moi d’avoir fait ce choix. Pour moi.

Mais que vais-je faire de cette belle journée pluvieuse et grisounette ? Magasiner ! Ah oui, ça fait longtemps que j’ai pas prit le temps d’aller m’acheter un morceau de linge…Et j’ai besoin d’une paire de jeans en plus…

Je pars donc, cinq minutes après l’appel d’Eric, me dirigeant vers Mont-Royal…Je m’y promène joyeusement, me trouve une paire de jeans, un manteau, des bobettes (sont belles en plus et on sait que c’est toujours le fun d’avoir des nouvelles bobettes. On dirait qu’on est plus sexy, me semble). Et je me dirige vers un endroit pour manger…Je ne sais pas où, je laisse aller. Puis une belle place m’attend pour stationner ma voiture, juste en face du Café Art Java. Ça tombe bien, j’adore cet endroit. Très achalandé, très urbain, des gens assis tout seul, avec leur « laptop », leur concentration et les 28 serveuses qui courent partout. Pour pas grand-chose en fait. Je remarque et ressens qu’elles sont juste un peu stressées…hé hé ! Mais moi, je me suis choisis, alors, je suis calme et détendu. Je ne travail PAS, moi ! ah ah ah !

Et je commande des crêpes avec fruit frais et sirop d’érable. Du vrai ! Je mange délicatement chaque morceau que je prends soin de tremper dans le sirop, versé dans un petit gobelet de stainless. Et la serveuse m’apporte, en plus, un petit récipient rempli de ce même sirop…Eh, que je me paye la traite dans le sirop ! J’aime ça le sirop d’érable moi…Ça fait du bien à mon intérieur joyeux et enfantin qui a juste le goût de se baigner dans le sirop d’érable…Ouf ! Mais c’est sucré hein ? Mais je m’en fous, j’aime ça le sirop d’érable…

Et je lève la tête au même moment où Maxime me regarde en passant devant moi. Maxime est un homme que je connais pour avoir travaillé avec lui il y a quelques années, dans la vente. Il arrive que nous nous croisions à l’occasion. Et « l’occasion » était parfaite à ce moment précis. Il m’a fait un grand sourire, m’a demandé s’il peut s’asseoir avec moi.

Maxime est autour de la cinquantaine, bel homme charmant, grisonnant et frisé, basané. Toujours souriant…Je vous fais une histoire bien courte de notre rencontre qui a durée environ une demi-heure…il me semble…Je n’ai pas senti le temps passer…

Nous échangeons sur le bonheur, les choix que nous faisons et ces doutes qui refont surfaces pour anéantir tout ça, parfois. Il me rappel l’importance de me donner la mission du bonheur, de l’offrir aux autre, de le partager, d’en faire prendre conscience. Et nous partons ensemble du restaurant, nous échangeons une sincère accolade, sur le trottoir, visiblement heureux tous les deux de nous être rencontré.

Je repars, en sifflotant, vers chez-moi où j’ai une folle envie de faire du ménage. Ce que j’ai fait. Ensuite, je suis allé cherché mon amie Michou (elle, elle travaillait…ah ah ah !) et nous sommes rendu au Petit Medley où nous allions voir un spectacle. Avant, nous avons grignoté un petit repas avec verre de vin.

Marc-André et Alexane, entouré de Adrien et une violoniste dont le nom m’échappe, qui rendent hommage à Félix Leclerc.

Je ne pouvais demander mieux pour terminer cette journée de bonheur. J’ai découvert Félix Leclerc, j’ai été ému et très touché par l’amour et l’échange entre les artistes sur scène et je me suis laissé bercé par la voix envoûtante de Marc-André, les notes de piano d’Alexane et son humour charmant, les cordes de guitares d’Adrien qui s’accordaient parfaitement au son du violon qui me faisait frissonner.

C’était un petit bonheur, que j’avais ramassé, disait Félix. Je le dis aussi.

Ce matin, une bonne odeur de joie règne dans ma maison et dans mon cœur…

Merci Eric, merci Maxime, merci Michou, merci Marc-André, Alexane, Adrien, la violoniste et merci à moi pour ce choix que j’ai fait…

Stéphane XX…

mercredi 23 juillet 2008

Éloge de la lenteur



J’ai découvert ce livre, « Éloge de la lenteur » par l’entremise d’une amie, Caroline (les Carolinades). Elle m’a dit, comme ça, que c’est un bon livre. J’ai prit en note le titre et le nom de l’auteur, mais, manque de temps, je ne suis jamais allé me le procurer. Et cette semaine, mardi, pour vous situer dans le temps (hé hé !), je n’avais rien à faire. J’avais l’impression de tourner en rond et, évidemment, de perdre mon temps. Et me prend l’envie d’aller m’acheter des livres. Je me rends à l’Échange, sur Mont-Royal et je circule entre les allées. Je m’arrête une bonne demi-heure dans la section des pièces de théâtre. Je prends le temps de feuilleter quelques livres et je décide de m’acheter Don Juan, de Molière et un recueil de Shakespeare. Et je me souviens de ce livre suggéré par Caroline, dont je n’ai aucune idée du contenu. Mais elle me dit que c’est bon, alors…!

Je le trouve et l’achètes. Et je pars vers « Le Kilo » pour déguster un bon morceau de tarte amandes et poires avec un bon gros bol de café au lait. Je respire paisiblement, assis près d’une fenêtre grandement ouverte sur la rue Ste-Catherine, fermée pour l’été entre Amherst et Papineau. Je prends le temps de déguster ma première gorgée de café et mon premier morceau de tarte…

Je prends aussi le temps de lire les première lignes de mon nouveau livre pour me rendre compte que le sujet traité est : le temps.

Aujourd’hui, j’en suis à peine à la trente-cinquième page que déjà, je me rends compte que toute ma Vie est contrôlée par ce temps. Ce matin, en allant travailler, je lisais dans le métro. Arrivé à destination, je sors et prends par habitude, ce raccourci, par la bibliothèque nationale, me donnant accès plus rapidement à la rue. Mais à cette heure, elle est fermée. Ma première réaction c’est : *#!2/++`&%? ! Je vais être obligé de marcher plus longtemps !!! Alors que je suis en avance et que de toute façon, j’ai vraiment tout mon temps…

Mais le temps gère vraiment notre (ma) Vie. Mardi dernier, si j’avais ce sentiment de tourner en rond, c’est que le temps passait sans que j’y fasse rien. Et après ? Pourquoi j’ai autant besoin de remplir ces secondes et ces minutes qui passent…Souvent je penses aux vingt dernières années qui viennent de passer pour me rendre compte qu’elles l’ont fait très (ou trop) rapidement. Et quand je pense aux vingt qui s’en viennent, qui me donneront un beau « soixantemps », j’ai peur, nul besoin de vous le dire. Et « pour temps », « vingtemps », c’est long, « temps » qu’on sait comment les utiliser…

À partir de maintenant, même s’il me reste encore plus de deux cents pages à lire, je prends le temps de respirer, de calmer mon intérieur et de faire ce que j’ai envie de faire, en prenant le temps dont j’ai envie…

Mais j’ai prit du temps pour écrire ces lignes, en regardant souvent l’heure, sans savoir pourquoi… J’ai pas « temps » de choses que ça à faire ce soir, sinon, d’être avec moi…

Stéphane XX…

mardi 8 juillet 2008

À Radio-Blog, sur CIBL 101,5

Cette semaine, j'ai le grand plaisir de recevoir ma grande amie Isabelle Castonguay. Connectée à la nature, intuitive et passionnée, c'est tout en humour que nous échangerons sur la Vie, sa Vie, sa vision et son parcours.

La chanteuse IZA sera également avec nous pour nous présenter son premier album et nous parler de son chemin et de sa musique.

À ne pas manquer, samedi, 12 juillet, 15h, sur les ondes de CIBL ou en direct sur internet : CIBL 101,5