samedi 15 février 2014

Me sauver la Vie

"Au centre de nous" - oeuvre originale de Castellon


14 février 2014. 23h48.


La St-Valentin s’achève. J’ai passé la journée avec moi-même. Ah oui ! … La soirée aussi, tout comme la nuit de sommeil qui approche, tout comme les dix dernières années qui sont partis. Mais j appris à devenir tellement confortable avec moi, tellement en sécurité qu’il m’est souvent plus facile d’être seul que bien accompagné.

La fête de l’amour, pour moi, cette année, aura été une fête d’amour propre. Une journée où j’ai pris le temps d’aimer qui je suis, dans les moindres instants, de ma première gorgée de café, aux mots que je suis entrain de poser un à côté de l’autre pour exprimer l’émotion du moment…Je viens de pleuré de soulagement à la lecture d’un texte qui a inspiré mon élan d’auteur. C’est l’histoire d’Alexandre Champagne, « J’ai choisi l’amour », qui m’a permis de me sentir soudainement moins seul et mieux accompagné.

Je prends conscience que nous avons tous nos fardeaux et que malgré l’apparence de gens qui semblent vivre dans le bonheur, ce n’est pas toujours ce qui se dissimule derrière ces sourires cachotiers, ces voitures qui embellissent la Vie et l’argent abondant qui enterre parfois, l’authenticité. Ce n’est pas toujours ça pour les autres ni pour moi. Je sais, par maturité sans doute, que tout part de nous et que la seule personne responsable, c’est nous. Personne ni rien d’autre. Certains verront un grave problème lors d’une perte d’emploi, alors que d’autres y trouveront enfin leur liberté. Tout part de nous, de notre perception. Et pourtant, malgré que je sache tout ça et que je me rende le plus responsable possible de ma propre Vie, je n’en demeure pas moins essoufflé parfois, de devoir porter cette charge que sur mes épaules. J’aurais envie d’en déposer un peu sur celle des autres…C’est un peu ce qu’Alexandre a fait ce soir, tout comme ma mère ce matin, mon amie Michou cette semaine, Isabelle et Jean-François, hier soir…Oui, ils en ont pris une partie sur leurs épaules…

Ce soir, je vais dormir le cœur léger et en paix parce que je sais que toutes mes actions et mes pensées d’aujourd’hui m’ont aidé –encore- à me sauver la Vie…

Stéphane

Pour lire le texte d'Alexandre, voici le lien :


http://www.troisfoisparjour.com/articles/jai-choisi-lamour-par-alexandre-champagne

mardi 2 avril 2013

La solitude du changement…



Dans les douze derniers mois, j’ai vécu -et survécu à- une montagne d’émotions de toutes sortes allant de la plus grande joie à la peine la plus dévastatrice. J’ai fait de belles rencontres, j’ai participé à des tournages stimulants, j’ai eu des contrats auxquels je ne m’attendais pas, j’ai passé un été et un automne professionnel très enrichissant. Mais j’ai aussi dû vivre des deuils relationnels. Et c’est là que j’ai appris le plus…

Évidemment, au début, ce n’est pas ce que j’y voyais. Je cherchais surtout un ou une responsable à tous ces malentendus, quelqu’un qui pourrait prendre le blâme. Et j’en trouvais. J’y suis moi-même passé, me rendant coupable de ne pas être l’ami que je devrais être, me trouvant trop exigeant, trop demandant, trop présent, pas assez à l’écoute et seul responsable de la qualité de notre relation. Après avoir pleuré de rage, de colère, de douleur, de désespoir et du manque de justice, je me suis dis (comme je finis toujours pas le faire) qu’il devait bien y avoir là-dedans une grande leçon, un apprentissage plus grand que ceux que j’avais connu avant, pour que ce soit si douloureux.

Et je me suis tourné vers l’intérieur de moi pour y faire le ménage. Un beau gros ménage du printemps !

Souffrir ne m’inspirait plus.

Être triste par les autres, ça ne me donnait plus rien. Entretenir des relations utilitaires (que ce soit l’autre ou moi qui utilisais la relation) ça ne me servait plus. Et j’ai pris conscience de tout ce qui est important dans ma Vie. Ce qui a vraiment de l’importance. J’en ai fait la liste. Ce qui est ressortit m’a fait comprendre que je passais carrément à côté de l’essentiel, que j’avais mis beaucoup trop d’énergie et de temps dans un aspect de ma Vie qui ne me donnait plus rien maintenant. J’avais tout simplement oublié que j’existais. Ah ! J’existais ! Mais pour les autres, pas pour moi.

Les ruptures relationnelles ont été chargées de colère, de mots méchants, durs à entendre et à dire. Mon cœur était déchiré en morceau. Ma Vie semblait s’écrouler. Et pourtant…ce que j’en ai retiré est plus grand que ce qu’on pourrait croire. Dans ces mots blessants se trouvaient des messages tellement important pour ma libération. Et celui que je retiens le plus et qui m’a fait sortir de ma cage, c’est : VOLE DE TES PROPRES AILES !

Aujourd’hui, les relations que j’entretiens avec les autres, les nouvelles comme celles que j’ai CHOISIS, sont vraies, intacts et libres de rester ou de partir. Je ne ressens plus le besoin d’être reçu par l’autre, même si je suis quelqu’un qui aime beaucoup.

Tout ça demande un retour vers soi dans la solitude et la paix. Cette solitude, je la préserve comme un grand trésor que je découvre et qui m’apporte tant de réconfort. On peut prétendre que c’est de l’isolement. Peut-être. Je ne sais pas. Mais je m’y sens très bien. Et ce qui est le plus merveilleux, c’est qu’aujourd’hui, je suis beaucoup mieux entouré que je ne l’ai jamais été avant…

Et je crois être un meilleur ami/fils/frère/cousin/oncle/partenaire et Humain…

jeudi 22 décembre 2011

L’histoire du lave-vaisselle





Chez-moi, j’ai ce qu’on appelle, un tableau d’objectifs de Vie. J’y appose ce que je souhaite être et avoir. Ça peut être matériel ou un état dans lequel j’aimerais me sentir, une rencontre que je souhaite faire ou simplement un petit objet que je demande, seulement pour voir si la magie s’opérera.

Il y a quelques semaines, je faisais la vaisselle (elle s’était BEAUCOUP accumulée) juste avant d’aller aider des amis à déménager. Pendant que je lavais, essuyais, lavais encore et rangeais tout, je me disais qu’un lave-vaisselle serait le bienvenu. J’ai prit un bout de papier sur lequel j’ai écrit tout simplement « lave-vaisselle » dans le but de me trouver une photo à imprimer et à coller sur mon tableau magique en revenant du déménagement.

Je suis donc parti aider mes amis. Nous vidions tout l’appartement jusqu’au sous-sol où des meubles superflus s’y trouvaient. Et dans un coin, j’aperçu un lave-vaisselle visiblement oublié là depuis quelque temps. J’ai donc demandé à mon ami si nous devions l’embarquer. Il me répondit dans l’affirmative, en spécifiant qu’il ne le garderait pas parce qu’il souhaitait s’en procurer un nouveau et donc que celui-ci serait à vendre. J’ai proposé de le prendre et non seulement il m’a été « vendu » très peu cher mais en plus, mon ami est venu me le livrer, avec sa copine. Ils sont resté chez-moi quelques heures à jaser et nous avons passé un bon moment ensemble. Mon père qui sait tout faire, me l’a installé. Ça lui a donné un sentiment de fierté…Tout ça, pour un lave-vaisselle que je souhaitais avoir.

Mon histoire est banale et simple. Mais vous savez, j’ai fait ça avec $1000.00 un jour, et même $10 000.00. Je l’ai aussi fait pour des crises d’angoisses qui se répétaient trop souvent. Je l’ai fait pour une solitude que je voulais apprivoiser, pour des amis honnêtes, aimants et vrais que je souhaitais fréquenter. Je l’ai fait pour des emplois, des places de stationnement, des regards que je cherchaient, de l’amour que je voulais donner, des enfants avec qui je voulais travailler, des spectacles que j’espérais faire, des gens avec qui je voulais chanter, des projets de théâtre que je rêvais de réaliser…

Mon histoire est banale et simple, mais elle fait partie de la Grande Historie de ma Vie qui elle, prend de la grandeur et de la majestuosité…parce que ça aussi, c’est sur mon tableau magique…

Venez manger, j’ai un lave-vaisselle maintenant…

Stéphane

mercredi 2 mars 2011

La force d'une relation solide

J’ai travaillé pendant près de trois ans au même endroit, à cette usine à nourriture pour laquelle j’agissais d’intermédiaire entre la boustifaille et le client heureux de s’y retrouver. J’ose le dire : en 2010, j’ai atteints des ventes de près de $250 000.00. Oui ! 250 000 !!!! Impressionnant n’est-ce pas ? Et je n’étais pas dans les meilleurs. Mais j’ai toujours été à l’heure, propre, rasé, ordonné, présent (pas toujours d’esprit), j’ai aidé mes collègues, tenté de satisfaire du mieux possible. J’ai investi près de trois ans de ma Vie à cet endroit.

Et du jour au lendemain, par l’entremise d’une inconnue mystérieuse venue faire son travail en jugeant le mien, on me bombarde de préjugés, de reproches, de sanctions et de procédures non-respectées, dont celle de dire mon prénom aux clients et proposer « quelque chose de plus à consommer » (je rappelle que j’ai vendu $250 000.00 de beaucoup d’autres choses que ce « plus » sans JAMAIS m’être nommé). « Non, chers ex-patrons ! Je n’ai jamais dit mon nom et ça vous a prit trois ans pour vous en rendre compte. Sans doute ne savez-vous pas vous-même comment je m’appelle ! »

Je vous épargne tout ce qui m’a été dit, mais suite au monologue patronal, je me suis vu quitter cet emploi, après un rapport de cases cochées « oui », cochées « non » remplis par cette mystérieuse dame en noir, comme si je n’avais jamais eu de relation avec la manufacture à bouffe grasse et sans valeurs…nutritives, mais ô combien alléchante.

J’ai par le fait même quitté des collègues de qui j’étais amoureux. Pas tous de grands amis. De Grands Collègues par contre. Pas juste des gens qu’on oublie lorsqu’on les quitte, mais à qui on pense quand on arrive au travail en souhaitant qu’ils ou elles seront là, avec nous. Une deuxième famille ? Oui, un peu. Temporaire, mais tout de même importante. Parmi eux, certains sont devenus des amis intimes. Cet emploi nous aura apporté ça de bon. En tout cas, pour moi…

Mais la relation entre l’usine et moi s’est terminée un peu comme elle avait commencé : sans trop de préliminaires, abruptement, sans mot d’amour et surtout, dénuée de vérité et d’authenticité.

Et depuis mon départ, j’ai beaucoup pensé à mes relations avec les gens, les choses, la nature, moi. J’aime bien entretenir mes relations, prendre des nouvelles, faire le point, les rendre meilleures, organiser des rencontres, rendre service et m’impliquer. J’ai oublié de le faire avec cet emploi pour qui j’étais devenu l’ennemi. Nous tentions de poursuivre notre route ensemble, mais nous ne regardions plus dans la même direction. Et surtout, nous ne nous regardions plus avec amour et tendresse, comme ce fut le cas au début de notre liaison. 

La Vie a de ces messages parfois qu’on ne comprend qu’après quelques coups durs portés sur nous.

Je me suis libéré. Je marche léger maintenant. En quête vers d’autres liens à tisser qui sauront être ouverts à recevoir et à donner. Mon nouveau chemin est déjà parsemés de fleurs neuves. Je ne connais pas encore leur origine, ni même l’intensité du lien qui nous unira. Mais je suis certain d’une chose : je ne laisserai plus jamais une relation s’effriter aux profits du gain…

Stéphane Castellon - 2 mars 2011

mercredi 22 décembre 2010

Nous sommes méfiants


J’attendais le métro depuis quelques minutes. C’était l’heure de pointe et il y avait plusieurs personnes qui attendaient aussi.  Mon manteau d’hiver qui me protégeait de la froideur du début de décembre, mon nouveau foulard que j’arborais fièrement, mes bottes et quelques sacs d’épicerie donnaient à mon corps le sentiment d’être moitié mort de chaleur dans un sauna vapeur. Je sentais un vent chaud sortir de mon tors quand je bougeais. Autour de moi, des travailleurs dont la fin de la journée laissait paraître dans leurs yeux cette envie profonde de se retrouver bien confortables dans l’accueil de leurs maisons. Plusieurs personnes étaient seules, perdues entre leurs deux oreilles bouchées par les écouteurs d’un iPod séparatiste du monde extérieur (ça c’est juste mon opinion !). Quelques étudiants trainaient en groupes épars, criant et exprimant leur présence, cherchant du même coup, l’attention requise pour devenir grand.

L’un d’entre eux, un jeune d’environ 20 ans, s’est approché de moi pendant que je menais un combat amical et non-officiel avec mon nouveau téléphone qui était  -à ce moment- beaucoup plus intelligent que moi. L’étudiant vient donc vers moi et de manière très polie, en me vouvoyant, me demande s’il peut utiliser mon téléphone. WHAT ? Mon nouveau téléphone ? Es-tu malade ? J’te connais même pas ! Toutes ces phrases ont traversé mon esprit, mais heureusement, j’ai un bon fond et ma bouche s’est soudainement soudée.

J’ai donc composé le numéro de téléphone du frère de l’étudiant et lui au tendu une grande partie de ma Vie (je ne connais par cœur que deux ou trois numéros de la centaine que j’ai). Pendant qu’il tenait ma Vie entre ses mains, j’étais tellement méfiant. J’étais près à lui sauter dessus s’il partait en courant. Je savais exactement ce que je ferais si son intention était de me voler mon nouveau jouet. Et il parlait à son frère avec douceur, l’informant de son arrivée au métro Cartier dans les minutes qui suivaient. Et il m’a remis un regard courtois, un sourire reconnaissant et mon téléphone. Intact.

Je me suis demandé pourquoi j’avais été si méfiant. Je me suis demandé pourquoi, les humains, nous en sommes venus à nous méfier autant de nos frères et sœurs. Un ami m’a dit : « Mais tout fait en sorte que on se méfie ». OUCH ! Ça fait mal d’entendre ça, non ?

On se méfie d’un regard trop insistant, d’un sourire offert –bien souvent- gratuitement. On se méfie de cette personne qui, en tentant de gagner sa Vie, nous appelle, la voix tremblante, en nous annonçant la raison de son appel portant sur un simple sondage. On se méfie de cet itinérant remplie du désir de survivre, des ces hommes venus d’autres pays, des ces femmes dont les mœurs sont différentes. On se méfie de l’homosexuel qui invite un hétérosexuel à prendre un verre, en ami, simplement pour faire connaissance. On prend le temps « d’avertir » que les intentions doivent être claires. On se méfie des trop riches ET des trop pauvres. On hésite quelques secondes à parler à ce passant qui vient nous demander la direction pour le centre-ville. On se méfie d’un nom et d’un numéro inconnus qui apparaissent sur notre afficheur, ce filtreur de méfiance.

On se méfie de nous-même. On en a peur, peut-être ?

Je laisse tomber la méfiance que j’ai envers moi-même pour faire place à une grande porte ouverte parce que moi, je n’ai pas envie de croire que « tout fait en sorte qu’on se méfie ».

Paix et Liberté

Stéphane

mercredi 27 octobre 2010

La tarte aux pacanes


J'étais assis dans ce café, coin Ste-Catherine et Alexandre-de-Sève. Cet endroit reconnu pour ses desserts et son ambiance conviviale. Sa clientèle y est davantage masculine. C'est pour ça aussi que j'aime m'y rendre.

Une musique de Björk jouait en fond sonore. Quelques hommes attablés, seuls. Une femme qui semblait perdue dans ses pensées fixait l'extérieur, fourchette vide en main. Près de la fenêtre, un groupe d'hommes. Ce sont eux qui ont surtout attiré mon attention. Dans la soixantaine. Peut-être soixante-dix pour l'un d'entre-eux. Visiblement de bons amis. Peut-être des ex-maris de femmes devenues troublées. Peut-être des pères. Peut-être des ex-pères. Je n'entendais pas leurs propos mais ils semblaient débattre sur des sujets bien banales. Ils étaient enjoués et expressifs, laissant la place à chacun pour s'exprimer.

Ces hommes étaient passés par les interdits des années 50 et 60. Je n'en ai aucun doute. Hommes coquets, leurs regards et leurs mouvements trahissaient une féminité qu'ils ne cachent plus aujourd'hui. Il dégageaient le bonheur. Ils étaient là, dans l'instant. Sauf un des hommes qui me paraissait plus préoccupé.

Je me suis vu en eux. J'ai imaginé ma soixantaine...

J'ai réalisé que c'est dans moins de vingt ans.

Et je me suis demandé si ces hommes avaient atteint tous leurs objectif de Vie. Tous ? Est-ce que ces hommes rêvent encore d'un monde meilleur ? Est-ce qu'ils ont encore envie de gravir une montagne, de visiter la Toscane ou de faire l'amour ? Pour vrai.

Est-ce que moi, j'aurai réalisé mon rêve le plus fou ? Serais-je amoureux et aimé ? Serais-je satisfait des moments présents qui auront précédés cette soixantaine ? Est-ce que je devrais cesser de me poser toutes ces questions ? Et juste ralentir le pas.

La tarte aux pacanes me ramène à l'instant précis de ce moment délectable où toutes les réponses à mes innombrables questions se trouvent. Cet arrêt dans le temps devant l'assiette à dessert m'aura fait prendre conscience que je vivais déjà un des objectifs de ma Vie : manger une tarte aux pacanes !

Stéphane Castellon
ici et maintenant !

mercredi 21 avril 2010

Un homme en reconstruction

Suite à la lecture du livre "Osti de fife" de Jasmin Roy, la perception de ma propre Vie a prit une autre couleur parce que je viens de faire un dur constat. Inspiré de Jasmin, j'ai envie de partager avec vous mon histoire parce que je comprends maintenant la raison de toutes mes luttes...

Je vais passer par dessus mon enfance, puisqu'elle a été parsemé de douceur et de tendresse, sans doute seule responsable de cette enfance magique qui est encore en moi aujourd'hui...Mais pour l'adolescence, la douceur n'a jamais eu la même odeur ni la même texture...

C'est vers l'âge de 10 ans que j'ai compris que je n'étais pas comme les autres garçons. J'aimais jouer à la Barbie avec ma cousine Mireille, j'aimais les arts beaucoup plus que le sport et les camions Tonka, j'appréciais davantage la compagnie des mes tantes et mes autres cousines, avec qui je parlais de cuisine, de plantes et d'enfants, que celle de mes pairs masculins. Je préférais cuisiner près de ma mère que de fouiller dans un moteur de voiture avec mon père. Et moi aussi, comme plusieurs, j'ai eu mes premiers fantasmes avec G.I. Joe, seul homme viril que je savais discret.

Et c'est vers l'âge de 12 ans que j'ai compris que j'étais différent, mais qu'en plus, cette différence ne faisait déjà pas l'unanimité. Reportons-nous en 1980 !

J'étais assis devant la télé, avec mes parents et nous regardions une série humoristique de l'époque, "Symphorien". Je feuilletais en même temps une revue artistique que ma mère avait l'habitude d'acheter. Et je suis tombé sur une photo d'un groupe populaire des années 70 et 80, Ritchie Family. On y voyait les membres du groupe entourés d'hommes musclés et en sous-vêtements. L'effet ressenti dans mon jeune corps de petit garçon de 12 ans était si dramatique. J'en avais peur, je ne voulais pas ressentir ça. Je savais, à ce moment que j'étais homosexuel. Je venais de le comprendre à cet instant précis de mon enfance. Puis d'un bon, j'ai quitté le salon, j'ai jeté la revue sur le divan et suis monté en flèche vers ma chambre, bousculant mon frère au passage. J'étais si effrayé. J'ai tellement eu peur de moi...

Puis les années ont passées. Au secondaire, évidement, j'ai reçu tous les surnoms qu'on donne aux différents comme moi : "fife", "tapette", "moumoune". Il y a même un professeur d'éducation physique qui m'a dit devant toute la classe, alors qu'il m'avait forcé à grimpé sur une barre fixe qui me faisait extrêmement peur : "Vas-y. Es-tu une fillette pour avoir peur comme ça ?". Ajouté au reste - et pendant cinq ans- je comprends aujourd'hui mon manque d'estime et ce avec quoi j'ai dû travailler fort pour passer par dessus moi-même. Je porte ce fardeau depuis trente ans. Oui, trente longues années à chercher pourquoi je reste bloqué dans mes rêves, mes désirs et mes goûts. J'ai fais mes choix de Vie en fonction des ces mots blessants et ces attitudes de traitres qu'on a eu envers moi durant ce que j'aurais voulu être la plus belle période de ma Vie mais qui a été la pire. Et en plus, elle me suit toujours...

J'aurais souhaité poursuivre des études en théâtre et devenir un grand acteur. C'était mon plus grand rêve. Mais je ne suis jamais retourné à l'école parce que pour moi, ça voulait dire souffrance. J'ai d'ailleurs auditionné à Ste-Thérèse, en 1985 pour étudier en théâtre. Et vous savez quoi ? J'ai été accepté...sur des centaines d'auditions. Mais j'avais trop peur de quitter ma chambre, dans cette campagne lointaine où j'ai vécu toutes les plus grandes étapes de ma Vie. Je n'y suis pas aller par peur. Vous imaginez ! J'ai laissé passer le rêve de ma Vie parce que quelques personnes ont participé au rabaissement de l'être fragile que j'étais. Et aucun adulte ne pouvait prendre ma défense parce que ces adultes ne comprenaient pas eux-mêmes l'homosexualité. Ils la banalisaient, comme plusieurs le font encore aujourd'hui.

Et aujourd'hui, je ne peux entendre le mot "tapette" sans ressentir cette même boule de feu dans mon ventre. Jusqu'à environ 32 ans, quand je marchais et que des jeunes, regroupés, riaient, j'étais convaincu que c'était de moi, comme à l'école secondaire.

J'ai 42 ans. Nous sommes en 2010. J'ai beaucoup d'amis que j'aime et qui m'aiment. J'ai particulièrement beaucoup d'amis masculins hétérosexuels. Et c'est surtout à eux que je veux rendre hommage parce que c'est avec eux que j'ai eu à vivre mon plus grand défi, ayant beaucoup de difficulté à me sentir égaux à eux. J'aimerais les nommer mais je vais les garder pour moi, ils sont trop précieux pour que je les partage...ah ah ah !

Je ne veux pas être une victime et qu'on me prenne en pitié. Mais je veux que les gens comprennent que tout ça n'est pas banale et que maintenant, je suis un homme en reconstruction et que je dois repartir de loin pour revenir à l'essence même de ce que je suis : un petit gars qui aime les arts, jouer au théâtre et qui rêve, encore, d'un grand rôle au cinéma.

L'amour prendra peut-être aussi une nouvelle forme.

Merci de faire parti du même chemin que moi. Je sais que vous avez aussi vos défis à relever.

Soyons ensemble !

Stéphane XX...

samedi 27 février 2010

...

Et les vagues font de l'ombre sur mon bateau
Cherchant une proie pour l'engloutir
J'ai un peu peur de toute cette eau
J'ai un peu froid sur mon navire

Et je penche à tribord, j'hésite à bâbord
J'analyse l'horizon trop loin
Des centaines d'oiseaux carnivores
Tentent de me conduire au matin

Et je navigue, je divague, je pleure aussi
Le soleil de fait trop absent
La lune qui devient trop rubis
Ma Vie qui ressemble au néant

Et je m'épuise, je laisse tomber mon gouvernail
La houle me porte vers je ne sais où
Ma Rose des Vents est en bataille
Mais ce sera mieux que n'importe où

Et l'étoile allume enfin le soleil éteint
J'ouvre les yeux, j'ouvre mon coeur
C'est avec mes doigts que je peints
La toile dont jadis, j'avais peur

Elle est belle, elle est oeuvre, elle est ce que je suis
Du bleu ici, du jaune par là
Des chansons trouvées dans un cri
Et l'Amour qui à jamais vivra...

Et je navigue parmi les autres voiles
Cherchant l'oiseau des Amours
Et je dessine sur une grande toile
Celui que je cherche depuis des jours

Et je lance des bouteilles pleines de chansons
Paroles cachées depuis longtemps
Mais le verre casse à l'occasion
Et les mots se noient pendant que j'attends

Et le Goëland me lance un sourire
Voilà l'espoir qui rejaillit
J'avais pourtant vu le pire
Et la chanson nage enfin sur la Vie

L'inconnu, derrière sa voile, est discret
Il regarde de loin les oiseaux
Et je suis là, satisfait
De ma bouteille dans ses yeux...

Stéphane Castellon

mardi 15 septembre 2009

Réussites vs Échecs


Il est 21h. Nous sommes mardi. Je me suis versé un verre de porto vingt ans avant de m’installer devant l’écran pour écrire et déverser mon besoin d’auto-reconnaissance.

Ce matin, j’ai débuté la journée avec un sentiment d’échec. Encore. Et durant toute la journée qui a suivi, j’ai songé à mes réussites, question d’oublier mon sentiment.

Et ce soir, mon verre de porto à mes côtés, j’en fais la liste :

- à 11 ans, j’ai fait mon premier spectacle de magie devant 400 personnes
- à 22, mon premier one man show devant près de 800 personnes.
- j’ai interviewé Céline Dion à trois reprises
- à 25 ans, j’ai affirmé mon homosexualité avec courage et tendresse
- j’ai fait un voyage de trois mois au Mexique pour donner un sens à ma Vie
- j’ai chanté devant 10 000 personnes à l’été 2009
- mes parents sont toujours ensemble
- j’ai un appartement de rêve
- j’ai la meilleure amie au monde. Michou, je t’aime !
- j’ai une autre meilleure amie au monde. Isabelle, je t’aime !
- je pleure en ce moment et j’ose le laisser sentir
- j’aime celui que je suis et j’ose l’affirmer
- j’ai côtoyé Heat Ledger et Richard Gere pendant une journée
- j’ai pissé à côté de Scott Speedman (ah ah !)
- j’ai tourné avec Dustin Hoffman, Paul Giamatti et Minnie Driver
- je suis resté le cœur dans l’amour depuis janvier 2009, malgré la colère
- à mon premier vernissage, en 2004, j’ai vendu 18 des 19 toiles exposées.
- depuis, plus de 50 personnes ont une de mes œuvres chez-eux
- les hommes qui me faisaient peur, aiment être à mes côtés aujourd’hui
- j’ai donné mon chien Péki à un vieux couple
- j’ai aimé profondément et pour vrai
- j’ai sauvé un homme du suicide
- j’ai pardonné plus d’une fois
- je suis un bon ami
- je french bien (hé hé !)
- je sais aimer…etc…

Et pourtant, ce matin, en me disant que je vivais encore un échec, je pensais à Lui qui ne m’a pas choisi, à L’Autre qui m’a dit non, à Celui-là qui a refusé mon amour, à Cet Autre qui m’a aimé et est parti et à Tous Ceux-là qui semblent ne pas vouloir me voir quand je passe.

Quand je regarde mes réussites, je comprends que je suis plus victorieux que je ne le pense et que mes échecs ne sont que des expériences de plus pour m’aider à grandir et à m’aimer. Ce soir, ma grande réussite et de voir dans mes yeux l’étincelle qui reste toujours allumée…

Stéphane XX…

lundi 15 juin 2009

Faire place au vide

« Ayez un esprit silencieux ». Ce sont les paroles d’un sage indien que je viens de découvrir, Krishnamurti (merci Daniel pour cette découverte). Il dit que nous devons arriver à avoir un esprit silencieux pour pouvoir nous reconnecter à nous-mêmes.


Sans m’en rendre compte, dans les derniers mois, j’ai essayé de rendre mon esprit silencieux et vide. Mais je dois le dire, la tâche est ardue. D’abord parce que, comme pour la majorité des humains, je ne vis pas dans un chalet en forêt, sans eau, ni électricité et surtout, je ne vis pas seul sur cette planète. Les influences sont nombreuses et surtout, je ne souhaite pas devenir un moine sage, dans sa belle tunique, à ne faire que des saluts au soleil à tous les matins et à contempler les oiseaux et les petits verres de terre en me disant qu’il n’y a rien de plus merveilleux…ah ah ah !


Oui, j’aime la nature. Et grâce à mes amies Isabelle et Michou, je prends de plus en plus conscience de cette beauté qui nous entoure et qui en plus, nous parle quand on sait l’écouter.


Mais malgré que je ne sois pas porter vers le « moinisme », j’aime bien tous mes moments de recueillement dans lesquels je reviens vers moi pour repartir vers de nouvelles aventures.


Dans quelques jours, je déménage. J’ai choisi d’aller vivre ailleurs, dans un nouveau quartier, avec des gens autour, de l’action. La raison en est bien simple : ma Vie commençait à ressembler à celle d’un nouveau moine…ah ah ah !


Dans ce nouvel appartement, qui a brûlé et a été rénové, personne n’y a habité depuis des mois. Tout est neuf, du plancher au plafond, en passant par la robinetterie, les armoires, les luminaires. Absolument tout. Ils ont converti ce quatre et demi en loft. À ma première visite, j’ai su tout de suite que c’était chez-moi. J’aime l’espace, la luminosité, la cours arrière, l’odeur du neuf.


Et j’aime surtout ce vide. Vide d’objets, vide de présence, vide de moi-même et vide d’espace de rangement. Ben oui. Un loft, y a rarement beaucoup d’espace de rangement. Ce qui m’a porté à revoir la nécessité de garder certains objets. Depuis des semaines, je fais le ménage dans ce que je possède. Pas besoin de vous nommer tout ce dont je me suis défait, y compris des objets auxquels je tenais, jadis.


Je suis heureux de constater que je ne pourrai plus entreposer des « choses inutiles », que dans les recoins de ma Nouvelle Maison, il n’y aura rien d’autre que du vide pour que je puisse m’y retrouver, y respirer librement. Je suis heureux de voir que tous ces objets, vêtements que je ne porte plus, ensemble de vaisselle en grande quantité, souvenirs qui ne servent qu’à rester accrocher à hier, vieilles factures qui me rappellent mes soucis financiers du passé, photos franchement sans importance, etc, représentent ce qui se cachait dans les recoins de mon esprit. Ce vide que je fais physiquement se transpose doucement dans mon cœur et dans mon esprit que je sens de plus en plus libres de tout.


Je suis allé souvent dans mon nouvel appartement durant le dernier mois pour y faire quelques travaux extérieurs (hey, j’ai une cours quand-même…ah ah ah !) et à chaque fois, je m’y sentais bien, comme si j’habitais déjà dans cet endroit. Bien sûr, j’aime le confort et c’est avec impatience que j’ai hâte d’être installé pour vrai. Mais je laisse une grande place au vide, question d’avoir la liberté de m’y retrouver quand j’en aurai envie.


J’ai bien hâte de vous inviter dans ma Nouvelle Maison…


Stéphane XX…

lundi 8 juin 2009

La dernière marche…

J’ai longtemps cru que ma Vie était un combat sans fin. J’ai longtemps cru que les hommes étaient contre moi et qu’ils étaient tous plus beaux que moi. J’ai longtemps cru que les hétéros étaient plus grands que moi et que certaines femmes portaient en elle une amertume contre moi. J’ai longtemps pensé que je devais douter de moi parce que quand j’étais petit, je vivais comme ça et je pensais que c’est ce que j’étais. Même devenu adulte.


J’ai longtemps pensé que les riches étaient plus riches que moi, que les autres avaient plus que moi et que les amoureux que je croisais dans la rue sortaient d’une histoire de fiction et que tout ça n’était pas vrai. J’ai longtemps cru que je n’y avais pas droit, que tout ça était loin de moi.


J’ai longtemps cru que mon corps n’était pas dans les normes, qu’on ne me regardait jamais avec envie et que moi-même, lorsque je me voyais dans un miroir, je devais être dégoûté de ma propre image. J’ai longtemps cru que je devais me battre contre les autres, contre moi et contre une Vie que je voulais grande et merveilleuse.


Ce soir, je ne crois plus rien de tout ça…


Ce soir, je cesse la guerre contre moi…


Ce soir, je découvre la paix, doucement…


Non, je ne suis pas parfaitement heureux. Non, je ne suis pas entièrement libre. Non, je ne suis pas totalement l’être que j’aspire à devenir. Mais je comprends que toutes ces guerres passées, tous ces combats contre moi, toutes ces remises en questions, ces larmes, ces joies, ces rencontres, ces séparations, ces trahisons ont construit l’Homme que je suis aujourd’hui.


Ce soir, je monte la dernière marche vers l’Être que je suis. Plus rien n’a d’importance, sinon, le bonheur de vivre, le présent, la Vérité et les autres humains qui m’entourent et pour qui je voue un amour véritable.


Ce soir, je monte la dernière marche vers ma nouvelle Vie. Oui, avec un grand « V ».


Stéphane XX…

samedi 30 mai 2009

Je n'ai pas besoin d'applaudissements


À une époque où les vedettes instantanées se font de plus en plus nombreuses. À une époque où on a perdu un peu le sens de l’amour propre. À une époque où les carences affectives et amoureuses sont telles que nous sommes prêts à bien des sacrifices pour en recevoir davantage, comme pour nous prouver que nous sommes aimés, moi, je choisis un autre chemin…


Je n’ai pas besoin d’applaudissements.


Je fais de la scène depuis que je suis très jeune, ayant commencé par des spectacles donnés dans le jardin de mes parents, puis un premier show sur une vraie scène, à 11 ans, en compagnie de mon amie Linda. Nous faisions de la magie…Ensuite, la musique a prit toute la place, me donnant les ailes dont j’avais besoin. Mais je chantais, comme plusieurs, pour être aimé, admiré et adulé. Et ça marchait. On aimait ma voix. On aimait me voir sur scène. On m’aimait, moi. On me déposait sur des piédestaux sur lesquels je n’étais pas à l’aise parce que cet amour me semblait faux ou mal dirigé.


Ou mal demandé…


Puis les années sont passées sans que je fasse carrière dans la chanson. Heureusement pour moi. Heureusement pour les autres. J’aurais sans doute été de ceux qui veulent toute l’attention, j’en aurais demandé encore et encore et j’aurais souffert de solitude, en silence, mais on aurait continué de m’aimer, pour l’artiste que j’aurais eu tendance à devenir, pas pour l’homme que je suis.


Aujourd’hui, je n’ai pas besoin d’applaudissements.


J’aime partager l’artiste que je suis, partager ma voix, mes émotions, mes connaissances, mes expériences. Et l’homme que je suis devenu. Si je le fais sur scène, c’est parce que oui, j’ai un grand besoin d’amour, comme tous les artistes. Sinon, je chanterais encore dans le jardin de mes parents. Mais j’ai de moins en moins besoin de la reconnaissance des autres parce maintenant, je la retrouve dans ce regard aimant que je pose sur moi, quand je me vois dans un miroir…


Merci pour vos applaudissements, ils me font toujours plaisir. Et encore plus aujourd’hui, parce que je ne m’y attends plus…


Stéphane XX…

dimanche 17 mai 2009

Cette pierre que je tiens dans ma main

Elle était là, mais je l’avais oubliée. Peut-être l’avais-je simplement laissé traîner dans ma poche. Peut-être l’avais-je caché volontairement, préférant vivre de nouvelles aventures qui me feraient grandir encore plus. Mais elle est restée là, à m’attendre.


Cette pierre, pour moi, représente l’amour. Celui que je me porte, celui que j’oublis parfois, celui qui est trop petit, bien souvent. Heureusement, cet amour n’est pas perdu à jamais. Heureusement, cet amour est solide quand on sait le retrouver. Ces derniers temps, j’avais oublié de m’aimer. J’avais laissé le soin aux autres d’essayer de le faire à ma place et je cherchais cet amour dans les yeux des autres quand ils me regardaient et dans leur cœur, quand ils m’aimaient. Je voyais en eux celui que j’aurais voulu être et je prétendais les aimer pour m’aider, peut-être, à trouver cet amour pour moi-même. Mais ma pierre s’est perdue à travers tout ça. Elle ne savait plus comment rester près de moi, moi, qui ne lui étais plus fidèle.


Et ce matin, à mon réveil, je l’ai vu, par terre, près de mon lit. Elle était là, impatiente de me retrouver. Je l’ai prise dans ma main, l’ai regardé longuement, songeant aux années passées sans elle.


Et depuis ce matin, je respire mieux, je chante mieux et j’aime mieux. Je me sens redevenir celui que j’ai toujours été, bien avant de perdre ma pierre.


Je peux maintenant t’aimer.


Tu peux aussi m’aimer si tu le souhaite.


Mais pour être vrai envers moi, je dois te dire que je n’ai pas besoin de ton amour, j’ai juste besoin de partager le mien avec le tien…


Stéphane XX…

dimanche 10 mai 2009

Combattre, se battre, lutter et baisser les armes…



Je suis né en 1967…


…et j’ai lutté comme un fou pour ne pas sortir du ventre de ma mère et pour y rester à tout jamais. Mon âme avait mal, mais elle voulait aussi expérimenter une nouvelle Vie. J’imagine. Les médecins m’ont forcé à entrer dans ce monde et pour y arriver, ils ont utilisés des forceps (instruments à pinces dont on se servait pour les accouchements difficiles). J’ai donc lutté pour ne pas sortir, ne pas souffrir, ne pas vivre. Puis, d’un seul coup, comme pour dire : « Vous voulez que je sorte ? Me voilà ! ». Je suis arrivé en trombe, écorchant tout mon visage sur la table d’accouchement et gardant des cicatrices durant quelque temps.

Pendant les années 70…

…j’ai lutté contre une enfance où j’avais peur. De qui ? De quoi ? Je ne sais pas. Peut-être de moi. Et sans doute, la peur d’affronter tout ce qui s’en venait. Peut-être étais-je déjà collé à mon intuition comme je le suis aujourd’hui. Je voyais des monstres, je sentais des souffles, j’espérais la paix, j’avais peur des autres et de la nuit.

Et les années 80 sont arrivées…

…pour que je lutte contre une mode franchement très laide…ah ah ah ! (je voulais mettre un peu d’humour dans mon texte…). Mais j’ai surtout lutté contre moi et contre cette énorme différence qui faisait de moi un adolescent à part des autres, brandissant la joie de vivre, l’humour, le bonheur et l’amour pour dissimuler la grande tristesse de ne pas être « comme les autres ». Je luttais contre mes désirs que je croyais mauvais et reprochables, comme si l’amour que je ressentais pour les hommes était un péché accusable. J’étais pourtant si fier d’être qui j’étais. Tellement fier. Mais j’en avais peur aussi.

Et ce sont les années 90 qui ont été marquantes…

…parce que je luttais maintenant contre l’amour. Celui que j’avais pour Lui, dont l’amitié m’était plus qu’importante. C’est d’ailleurs à Lui que j’ai d’abord offert mon grand secret, celui avec lequel je luttais dans les années 80. Lui, m’a permit de me libérer par sa grande écoute et son respect, mais je devais me battre contre cet amour à sens unique, contre tous ces amours à sens unique. J’apprenais maintenant à lutter contre moi, comme pendant mon enfance. Lui, m’a servi de guide, de phare pour avancer vers celui que je suis aujourd’hui.

Et aujourd’hui, en 2009…

…je lutte encore. Contre moi. Je me bats sans cesse. Je lutte maintenant contre d’autres Lui, quelques Elle, mais surtout contre un Moi qui n’est pas complètement sorti du ventre de sa mère. Il y a encore une partie de moi qui est resté là, coincé.

Mais aujourd’hui, je choisis de baisser les armes, de ne plus lutter, de ne plus chercher le combat. Lui, et je te parle à Toi, je nous souhaite une Vie simple et harmonieuse, belle et aimante comme Nous savons le faire. À Lui, les Elles, ma Mère, mon Père, Moi, Meilleures Amies, Amis, Frère, je vous dis que je me libère de cette emprise que le combat avait sur moi, depuis 1967. Je me libère de cette peur. Je me libère de tout et je prends un nouvel envol.

Merci de voler avec Moi ! Merci de faire la paix avec Moi et Vous !

Je Vous aime.

Stéphane XX…


samedi 25 avril 2009

Mon ami Chenille

…et mon ami chenille et moi, marchions côtes à côtes, comme nous en avions l’habitude depuis quelque temps. Nous étions tous les deux des chenilles qui regardaient vers un même but, un même désir de grandir et de voler, un jour. J’apprenais à le connaître et j’échangeais des morceaux de ma Vie avec lui. Nous parlions de notre enfance respective, la sienne étant plus récente que la mienne. Mais ses idées nouvelles, jumelées à mon expérience de Vie rendaient nos conversations riches et motivantes, rendaient mes désirs de devenir meilleur, grâce à mon nouvel ami, l’autre chenille.

Puis, avec le temps, par mon amour trop lourd, et par un grand besoin d’être aimé de lui, j’ai étouffé mon ami chenille. Sans le vouloir. J’ai meurtri une partie de lui, comme une blessure que j’ouvrais de nouveau. Et mon ami chenille fit la même chose avec moi, en ouvrant mes plaies non-guéries. Comme si notre amour ne suffisait pas pour nous aimer, il fallait aussi nous blesser, pour prouver cet amour.

Et mon ami chenille a choisi de se refermer et de se taire…

Je regarde mon ami chenille marcher au loin. Parfois devant, parfois derrière. Je suis toujours là, pas très loin, à le regarder, espérant prendre mon envol en même temps que lui. Je retournerais dans mon cocon pour dormir pendant mille ans et recréer un nouveau départ avec cet ami chenille que j’aime tant. Mais mon ami chenille poursuit sa route, sans me faire signe, sans refermer sa blessure, sans se retourner, sans me laisser l’aimer de nouveau…

Je volerai sans doute, un jour. Mais je volerai avec lui, mon ami Chenille.

Je t’aime encore, chenille inspirante.

Stéphane XX…

lundi 20 avril 2009

Les deux Papillons

Je marchais simplement vers l’épicerie. Rien de spécial. Je réfléchissais. Encore. Le nouveau vent printanier me caressait le visage, alors que son soleil chauffait tendrement mon dos. Et je réfléchissais à cet état dans lequel je suis depuis des semaines. J’essayais de comprendre. Je me souvenais des images, des regards, des mots entendus et des premiers moments de notre rencontre. J’aimais tous ces souvenirs. Mais je cherchais des réponses en moi.

J’ai souvent vécu des moments d’ajustements, comme ceux-là et je cherchais la bonne façon de m’en libérer sans trop de dégâts. Cette fois.

Et d’un seul coup, des larmes ont coulés de mes yeux, au moment où elles ont entendue dans ma tête : « Je vais passer au travers ! Encore ! Parce que je suis fort…! » . Et plus je pleurais, plus je parlais à voix haute. En pleine rue. Je me motivais à passer au travers cette période d’adaptation. Période de guérison…

Puis, au lieu de poursuivre ma route vers l’épicerie, j’ai bifurqué vers cette petite forêt, près de chez-moi, qui me sert de refuge dans mes moments de recueillement. Mes larmes n’avaient pas de honte devant ces arbres aimants. Je me sentais protégé et en sécurité. Bien entouré. Et je pleurais bien fort, laissant sortir ma peine, ma colère et ma culpabilité par ces larmes libératrices.

Et un premier papillon est venu vers moi, me regardant de toute sa tendresse. C’était toi, je le sais. Et un deuxième est venu le rejoindre. Ils tournaient au-dessus de moi, comme pour m’accompagner et me faire comprendre qu’ils étaient nous, me montrant la beauté de leur harmonie. Me montrant aussi la nôtre, celle à laquelle nous aspirons tous les deux. Ils semblaient danser. Ensemble. Oui, ensemble ! Côté à côté et dans une symbiose presque parfaite. Je pensais à nous à ce moment et à ce que nous serons lorsque nous serons devenus papillon, toi et moi…Ils volaient vers le ciel. Très haut. Haut, comme là où nous serons un jour…

Merci de me laisser prendre le temps de comprendre le papillon que tu es. Merci de comprendre celui que je suis. Merci de prendre le temps d’être à mes côtés. Merci de me laisser marcher près de toi. Merci de me laisser t’aimer. Juste pour aimer…

Je t’aime, douce chenille.

Stéphane XX…

vendredi 16 janvier 2009

Pour $7.50...


Voici ce que j'ai vécu ce soir, en revenant du travail...(cette histoire est la mienne, celle de Stéphane Castellon. Je ne l'ai pas prise sur le net...)
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Après un grande journée de travail de dix heures et plusieurs dizaines de dollars de plus dans mes poches (je suis serveur), le coeur joyeux, les jambes qui demandent du repos, je sors du resto vers 22h. Évidemment l'air est glaçial et je me dirige vers le métro. Un jeune d'environ 20 ans m'accoste pour que je lui donne quelques sous. Comme à l'habitude, je dis que je n'en ai pas. Puis, après quelques pas, je pense à ces dizaines de dollars que j'ai sur moi et pour lesquels j'ai travaillé au chaud, en mangeant à ma faim et avec des gens que j'aime. Je me ravise et reviens sur mes pas. Mais je ne trouve plus le jeune homme en question.

Je le vois, tout à coup, près d'une voiture. Je vais vers lui, lui offrant $7.50, argent qui était à portée de ma main. Il me remercie tellement que j'en suis presque intimidé. Je lui dit qu'il devrait aller manger. Il me remercie de nouveau et je reprends mon chemin vers le métro où le jeune homme me suit. Il ne cesse de répéter : "Chu content. Chu tellement content ! Y fait tellement froid. Chu content !". ( je verse des larmes en écrivant cette phrase...). J'ai vécu un moment extrêment touchant ce soir...Il me disait : "Ma blonde est de l'autre côté, sur Ste-Catherine. Je vais la chercher et on rentre chez-nous. Merci. Chu tellement content !".

Vous imaginez ? Tout ça pour un simple $7.50...Ouf ! Que je pleure en ce moment...

Je remercie la Vie pour toute cette abondance que j'ai. Ce plaisir que j'ai à vivre. Cette Vie qui me donne tout ce que je veux. J'ai le grand privilège d'avoir tous mes membres, de la volonté, du talent, un grand sens de l'humour et le courage de marcher sur cette route si difficile parfois...Merci à ce jeune homme que j'ai croisé ce soir...Merci mon ami...

Merci à vous, avec qui je peux partager ce moment unique que j'ai vécu ce soir...Je verse de grandes et belles larmes de bonheur parce que je suis un homme heureux, moi...

Qu'il en soit de même pour vous...

Stéphane XX...

mardi 14 octobre 2008

INSPIRATION

Il y a quelque temps, j'avais demandé à des amis de s'inspirer de mes photos pour écrire un texte. Voici le résultat de leur créativité, mariée à la mienne...

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Première saucette...


© photo "première saucette" - stéphane castellon 2008

C’était à première vu un matin comme les autres… Un ciel bleu, agrémenté par ci par là par de magnifiques nuages blanc et un calme serein y régnait. Un calme inhabituel… Même les oiseaux semblaient dormir. Toujours est-il que pour ma part, cette eau me donnait l’impression à chaque fois de rajeunir. Ça me vivifiait à un tel point que j’ai vite pris l’habitude d’y aller chaque mois… et bientôt, chaque jour. Ce coin de paradis, cette vue me semblait tant familière que j’ai du me résoudre à me dire que j’y étais sûrement déjà venue étant enfant.

Ce matin là, j’étais debout à 5h30. Pour ceux qui me connaissent, à cette heure là… je suis généralement dans un sommeil profond… J’étais donc éveillée… et drôlement allumée. C’est alors que je pris ma bicyclette et mon sac à dos et je me rendis sur les abords du lac. C’était d’une magnificence sans fin… Telle une nappe d’huile, l’eau semblait ne plus avoir de vie et reflétait les peintures du ciel. Le vent dormait et les arbres regardaient tous au milieu du lac. J’étais inspirée… et sans crainte. J’étais comme un ange à qui on a donné la permission d’être sur terre pour un court instant. Et des larmes sont montées… J’étais submergée de gratitude d’être en vie et heureuse de pouvoir assister à un tel moment de paix. Je sentais en moi une force infinie… Une force de vivre sans fin, sans mort aucune. Et je la vis. Telle une libellule émeraude transparente, elle est sortie doucement du lac, sans créer le moindre mouvement sur l’eau. L’aube jetait sur elle une lumière quasi lilas et je pouvais voir son léger battement d’ailes… si fragile et si gracieux! Je n’avais jamais rien vu d’aussi majestueux. Ses cheveux roux descendaient en cascades jusqu’à sa taille et son sourire faisait écho au mien. Je ne pouvais même pas cligner des yeux tellement je ne voulais rien manquer… Étais-je donc en train de rêver? L’amour ressentie me confirma que non… C’était fort, vrai et les frissons sur ma peau témoignaient du moment que j’étais en train de vivre.

J’étais en train de voir la plus belle fée du monde.

Spontanément, j’enlevai mes vêtements, sans la perdre de vue et allai la rejoindre dans le lac. Je me laissai porter jusqu’à elle… sans la moindre hésitation. J’arrivai près d’elle et ne put m’empêcher de la regarder droit dans les yeux. Ce que j’y vis me laissa sans mot… une infinitude d’étoiles brillantes de couleur miel et or. Je n’avais jamais rien vu d’aussi beau. Elle avait une bouche et un sourire parfaits, elle semblait faite d’une autre matière… c’était extraordinaire. Et elle me prit dans ses bras, tendrement, avec une infinie douceur. Je pleurai, longtemps. Le bonheur me transportait… J’étais dans les bras de ma mère. Car dans mon dos, sous ma peau… j’avais moi aussi, de belles grandes ailes translucides vertes et mauves sur lesquelles ont pouvaient voir clairement mon nom, Wanhia… Mes ailes se déroulèrent comme un papier parchemin, sans douleur et dans une explosion d’étincelles! Ce lac était donc ma maison…. J’étais une métisse : moitié fée, moitié humaine. Et ce jour là, ma mère me fit don de ses connaissances et je pu comprendre l’étendue de mes capacités. J’ai pu comprendre ma mission sur cette planète… Éduquer les hommes sur la seule façon de vaincre la peur : l’Amour.

©Micheline St-Jean
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Différente

© photo "seul parmi la foule" - stéphane castellon 2008

J’ai poussé au même rythme que mes semblables. Inspiré par ce même printemps, enraciné dans cette même terre et nourris par ces mêmes pluies, même soleil.

Je ne suis ni plus grande, ni plus forte, n’ai pas plus, ni moins de pétales que les autres. Je suis aussi vivante qu’elles, aussi fragile…

Ce qui me caractérise c’est ma couleur. Celle que j’ai développée, celle qu’on m’a donné. Je me demande parfois pourquoi je ne suis pas comme mes semblables, mornes et ternes, parfois j'aimerais leurs ressembler, mais ce n'est pas le cas.

Je finirai sûrement par faner moi aussi, comme les autres… Mais, à la toute différence que moi je finirai par orner un bouquet, peut-être même celui d’une mariée, qu’on voudra me déposer dans un vase majestueux… Ou on me choisira dans ce lot pour m’enlever mes pétales uns à uns : « il m’aime, un peu, beaucoup, passionnément… » On me prendra parce que je suis différente, parce que je suis MOI !

© Brigitte Laniel

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Aube bois

© photo "la porte" - stéphane castellon 2008

Aube bois

Pour moi...

c’est là que tout a commencé

dans ce havre de bois

une porte ouverte sur le murmure de mon sang

brûlant d’écrire le beau temps

malgré l’assaut des brulots* qui tout autour

tentaient d’aliéner ma joie

d’être enfin rentrée chez moi !

Oui …

c’est là que tout a commencé

jaillissant en germes de foi

à l’orée des bois.

Depuis, depuis…

mon amour pour toi

sauvage, tendre, fougueux, profond et léger

tout à la fois

n’a cessé de croître

en mes chairs…

cher pays de mon enfance

Terre de mes vers

Refuge de mon âme.

En ton antre de bois je me réinvente

Mondes et vermeils écrits j’enfante.

*pour le lecteur outre-Atlantique, et pour le lecteur passionné des mots en général …

Brulot :

[Québec] Petit moustique noir dont la piqûre provoque une sensation de brûlure suivie de démangeaisons.

OU

[MARINE] [Anciennement] Petite embarcation remplie de matières combustibles et destinée à incendier les vaisseaux ennemis.

Eau-de-vie flambée.

Écrit, discours violent et polémique. Il a publié son brûlot sous un pseudonyme.

[INFORMATIQUE] Message ou article de forum délibérément incendiaire. Lancer un brûlot dans un forum.

©Caroline Legault

Corde à linge

© photo "la corde à linge" - stéphane castellon 2008

Sur une corde raide me voilà suspendue entre ciel et terre.

Sans crainte je me laisse ballotter aux quatre vents.

Il est bon de laisser sécher ses larmes entre deux tempêtes et de s’étendre

de tout son corps dans le vide de nos illusions.

Légèreté d’être dans la matière, réchauffée par une lumière des plus intenses.

Et voilà que je me permets à nouveau d’être à la merci du vent.

Signe du temps qui passe et qui ne reviendra jamais.

Je m’accroche à ma corde raide devenue en ce jour corde à linge.

Souplesse du vêtement qui sèche au soleil, balayé de la grisaille d’un ciel trop sombre.

L’été qui s’achève me chante à l’oreille que le ciel accueille toujours nos regards remplis d’émerveillement.

©Isabelle Castonguay