« Ayez un esprit silencieux ». Ce sont les paroles d’un sage indien que je viens de découvrir, Krishnamurti (merci Daniel pour cette découverte). Il dit que nous devons arriver à avoir un esprit silencieux pour pouvoir nous reconnecter à nous-mêmes.
Sans m’en rendre compte, dans les derniers mois, j’ai essayé de rendre mon esprit silencieux et vide. Mais je dois le dire, la tâche est ardue. D’abord parce que, comme pour la majorité des humains, je ne vis pas dans un chalet en forêt, sans eau, ni électricité et surtout, je ne vis pas seul sur cette planète. Les influences sont nombreuses et surtout, je ne souhaite pas devenir un moine sage, dans sa belle tunique, à ne faire que des saluts au soleil à tous les matins et à contempler les oiseaux et les petits verres de terre en me disant qu’il n’y a rien de plus merveilleux…ah ah ah !
Oui, j’aime la nature. Et grâce à mes amies Isabelle et Michou, je prends de plus en plus conscience de cette beauté qui nous entoure et qui en plus,nous parle quand on sait l’écouter.
Mais malgré que je ne sois pas porter vers le « moinisme », j’aime bien tous mes moments de recueillement dans lesquels je reviens vers moi pour repartir vers de nouvelles aventures.
Dans quelques jours, je déménage. J’ai choisi d’aller vivre ailleurs, dans un nouveau quartier, avec des gens autour, de l’action. La raison en est bien simple : ma Vie commençait à ressembler à celle d’un nouveau moine…ah ah ah !
Dans ce nouvel appartement, qui a brûlé et a été rénové, personne n’y a habité depuis des mois. Tout est neuf, du plancher au plafond, en passant par la robinetterie, les armoires, les luminaires. Absolument tout. Ils ont converti ce quatre et demi en loft. À ma première visite, j’ai su tout de suite que c’était chez-moi. J’aime l’espace, la luminosité, la cours arrière, l’odeur du neuf.
Et j’aime surtout ce vide. Vide d’objets, vide de présence, vide de moi-même et vide d’espace de rangement. Ben oui. Un loft, y a rarement beaucoup d’espace de rangement. Ce qui m’a porté à revoir la nécessité de garder certains objets. Depuis des semaines, je fais le ménage dans ce que je possède. Pas besoin de vous nommer tout ce dont je me suis défait, y compris des objets auxquels je tenais, jadis.
Je suis heureux de constater que je ne pourrai plus entreposer des « choses inutiles », que dans les recoins de ma Nouvelle Maison, il n’y aura rien d’autre que du vide pour que je puisse m’y retrouver, y respirer librement. Je suis heureux de voir que tous ces objets, vêtements que je ne porte plus, ensemble de vaisselle en grande quantité, souvenirs qui ne servent qu’à rester accrocher à hier, vieilles factures qui me rappellent mes soucis financiers du passé, photos franchement sans importance, etc, représentent ce qui se cachait dans les recoins de mon esprit. Ce vide que je fais physiquement se transpose doucement dans mon cœur et dans mon esprit que je sens de plus en plus libres de tout.
Je suis allé souvent dans mon nouvel appartement durant le dernier mois pour y faire quelques travaux extérieurs (hey, j’ai une cours quand-même…ah ah ah !) et à chaque fois, je m’y sentais bien, comme si j’habitais déjà dans cet endroit. Bien sûr, j’aime le confort et c’est avec impatience que j’ai hâte d’être installé pour vrai. Mais je laisse une grande place au vide, question d’avoir la liberté de m’y retrouver quand j’en aurai envie.
J’ai bien hâte de vous inviter dans ma Nouvelle Maison…
J’ai longtemps cru que ma Vie était un combat sans fin. J’ai longtemps cru que les hommes étaient contre moi et qu’ils étaient tous plus beaux que moi. J’ai longtemps cru que les hétéros étaient plus grands que moi et que certaines femmes portaient en elle une amertume contre moi. J’ai longtemps pensé que je devais douter de moi parce que quand j’étais petit, je vivais comme ça et je pensais que c’est ce que j’étais. Même devenu adulte.
J’ai longtemps pensé que les riches étaient plus riches que moi, que les autres avaient plus que moi et que les amoureux que je croisais dans la rue sortaient d’une histoire de fiction et que tout ça n’était pas vrai. J’ai longtemps cru que je n’y avais pas droit, que tout ça était loin de moi.
J’ai longtemps cru que mon corps n’était pas dans les normes, qu’on ne me regardait jamais avec envie et que moi-même, lorsque je me voyais dans un miroir, je devais être dégoûté de ma propre image. J’ai longtemps cru que je devais me battre contre les autres, contre moi et contre une Vie que je voulais grande et merveilleuse.
Ce soir, je ne crois plus rien de tout ça…
Ce soir, je cesse la guerre contre moi…
Ce soir, je découvre la paix, doucement…
Non, je ne suis pas parfaitement heureux. Non, je ne suis pas entièrement libre. Non, je ne suis pas totalement l’être que j’aspire à devenir. Mais je comprends que toutes ces guerres passées, tous ces combats contre moi, toutes ces remises en questions, ces larmes, ces joies, ces rencontres, ces séparations, ces trahisons ont construit l’Homme que je suis aujourd’hui.
Ce soir, je monte la dernière marche vers l’Être que je suis. Plus rien n’a d’importance, sinon, le bonheur de vivre, le présent, la Vérité et les autres humains qui m’entourent et pour qui je voue un amour véritable.
Ce soir, je monte la dernière marche vers ma nouvelle Vie. Oui, avec un grand « V ».
À une époque où les vedettes instantanées se font de plus en plus nombreuses. À une époque où on a perdu un peu le sens de l’amour propre. À une époque où les carences affectives et amoureuses sont telles que nous sommes prêts à bien des sacrifices pour en recevoir davantage, comme pour nous prouver que nous sommes aimés, moi, je choisis un autre chemin…
Je n’ai pas besoin d’applaudissements.
Je fais de la scène depuis que je suis très jeune, ayant commencé par des spectacles donnés dans le jardin de mes parents, puis un premier show sur une vraie scène, à 11 ans, en compagnie de mon amie Linda. Nous faisions de la magie…Ensuite, la musique a prit toute la place, me donnant les ailes dont j’avais besoin. Mais je chantais, comme plusieurs, pour être aimé, admiré et adulé. Et ça marchait. On aimait ma voix. On aimait me voir sur scène. On m’aimait, moi. On me déposait sur des piédestaux sur lesquels je n’étais pas à l’aise parce que cet amour me semblait faux ou mal dirigé.
Ou mal demandé…
Puis les années sont passées sans que je fasse carrière dans la chanson. Heureusement pour moi. Heureusement pour les autres. J’aurais sans doute été de ceux qui veulent toute l’attention, j’en aurais demandé encore et encore et j’aurais souffert de solitude, en silence, mais on aurait continué de m’aimer, pour l’artiste que j’aurais eu tendance à devenir, pas pour l’homme que je suis.
Aujourd’hui, je n’ai pas besoin d’applaudissements.
J’aime partager l’artiste que je suis, partager ma voix, mes émotions, mes connaissances, mes expériences. Et l’homme que je suis devenu. Si je le fais sur scène, c’est parce que oui, j’ai un grand besoin d’amour, comme tous les artistes. Sinon, je chanterais encore dans le jardin de mes parents. Mais j’ai de moins en moins besoin de la reconnaissance des autres parce maintenant, je la retrouve dans ce regard aimant que je pose sur moi, quand je me vois dans un miroir…
Merci pour vos applaudissements, ils me font toujours plaisir. Et encore plus aujourd’hui, parce que je ne m’y attends plus…
Elle était là, mais je l’avais oubliée. Peut-être l’avais-je simplement laissé traîner dans ma poche. Peut-être l’avais-je caché volontairement, préférant vivre de nouvelles aventures qui me feraient grandir encore plus. Mais elle est restée là, à m’attendre.
Cette pierre, pour moi, représente l’amour. Celui que je me porte, celui que j’oublis parfois, celui qui est trop petit, bien souvent. Heureusement, cet amour n’est pas perdu à jamais. Heureusement, cet amour est solide quand on sait le retrouver. Ces derniers temps, j’avais oublié de m’aimer. J’avais laissé le soin aux autres d’essayer de le faire à ma place et je cherchais cet amour dans les yeux des autres quand ils me regardaient et dans leur cœur, quand ils m’aimaient. Je voyais en eux celui que j’aurais voulu être et je prétendais les aimer pour m’aider, peut-être, à trouver cet amour pour moi-même. Mais ma pierre s’est perdue à travers tout ça. Elle ne savait plus comment rester près de moi, moi, qui ne lui étais plus fidèle.
Et ce matin, à mon réveil, je l’ai vu, par terre, près de mon lit. Elle était là, impatiente de me retrouver. Je l’ai prise dans ma main, l’ai regardé longuement, songeant aux années passées sans elle.
Et depuis ce matin, je respire mieux, je chante mieux et j’aime mieux. Je me sens redevenir celui que j’ai toujours été, bien avant de perdre ma pierre.
Je peux maintenant t’aimer.
Tu peux aussi m’aimer si tu le souhaite.
Mais pour être vrai envers moi, je dois te dire que je n’ai pas besoin de ton amour, j’ai juste besoin de partager le mien avec le tien…