mardi 15 septembre 2009

Réussites vs Échecs


Il est 21h. Nous sommes mardi. Je me suis versé un verre de porto vingt ans avant de m’installer devant l’écran pour écrire et déverser mon besoin d’auto-reconnaissance.

Ce matin, j’ai débuté la journée avec un sentiment d’échec. Encore. Et durant toute la journée qui a suivi, j’ai songé à mes réussites, question d’oublier mon sentiment.

Et ce soir, mon verre de porto à mes côtés, j’en fais la liste :

- à 11 ans, j’ai fait mon premier spectacle de magie devant 400 personnes
- à 22, mon premier one man show devant près de 800 personnes.
- j’ai interviewé Céline Dion à trois reprises
- à 25 ans, j’ai affirmé mon homosexualité avec courage et tendresse
- j’ai fait un voyage de trois mois au Mexique pour donner un sens à ma Vie
- j’ai chanté devant 10 000 personnes à l’été 2009
- mes parents sont toujours ensemble
- j’ai un appartement de rêve
- j’ai la meilleure amie au monde. Michou, je t’aime !
- j’ai une autre meilleure amie au monde. Isabelle, je t’aime !
- je pleure en ce moment et j’ose le laisser sentir
- j’aime celui que je suis et j’ose l’affirmer
- j’ai côtoyé Heat Ledger et Richard Gere pendant une journée
- j’ai pissé à côté de Scott Speedman (ah ah !)
- j’ai tourné avec Dustin Hoffman, Paul Giamatti et Minnie Driver
- je suis resté le cœur dans l’amour depuis janvier 2009, malgré la colère
- à mon premier vernissage, en 2004, j’ai vendu 18 des 19 toiles exposées.
- depuis, plus de 50 personnes ont une de mes œuvres chez-eux
- les hommes qui me faisaient peur, aiment être à mes côtés aujourd’hui
- j’ai donné mon chien Péki à un vieux couple
- j’ai aimé profondément et pour vrai
- j’ai sauvé un homme du suicide
- j’ai pardonné plus d’une fois
- je suis un bon ami
- je french bien (hé hé !)
- je sais aimer…etc…

Et pourtant, ce matin, en me disant que je vivais encore un échec, je pensais à Lui qui ne m’a pas choisi, à L’Autre qui m’a dit non, à Celui-là qui a refusé mon amour, à Cet Autre qui m’a aimé et est parti et à Tous Ceux-là qui semblent ne pas vouloir me voir quand je passe.

Quand je regarde mes réussites, je comprends que je suis plus victorieux que je ne le pense et que mes échecs ne sont que des expériences de plus pour m’aider à grandir et à m’aimer. Ce soir, ma grande réussite et de voir dans mes yeux l’étincelle qui reste toujours allumée…

Stéphane XX…

lundi 15 juin 2009

Faire place au vide

« Ayez un esprit silencieux ». Ce sont les paroles d’un sage indien que je viens de découvrir, Krishnamurti (merci Daniel pour cette découverte). Il dit que nous devons arriver à avoir un esprit silencieux pour pouvoir nous reconnecter à nous-mêmes.


Sans m’en rendre compte, dans les derniers mois, j’ai essayé de rendre mon esprit silencieux et vide. Mais je dois le dire, la tâche est ardue. D’abord parce que, comme pour la majorité des humains, je ne vis pas dans un chalet en forêt, sans eau, ni électricité et surtout, je ne vis pas seul sur cette planète. Les influences sont nombreuses et surtout, je ne souhaite pas devenir un moine sage, dans sa belle tunique, à ne faire que des saluts au soleil à tous les matins et à contempler les oiseaux et les petits verres de terre en me disant qu’il n’y a rien de plus merveilleux…ah ah ah !


Oui, j’aime la nature. Et grâce à mes amies Isabelle et Michou, je prends de plus en plus conscience de cette beauté qui nous entoure et qui en plus, nous parle quand on sait l’écouter.


Mais malgré que je ne sois pas porter vers le « moinisme », j’aime bien tous mes moments de recueillement dans lesquels je reviens vers moi pour repartir vers de nouvelles aventures.


Dans quelques jours, je déménage. J’ai choisi d’aller vivre ailleurs, dans un nouveau quartier, avec des gens autour, de l’action. La raison en est bien simple : ma Vie commençait à ressembler à celle d’un nouveau moine…ah ah ah !


Dans ce nouvel appartement, qui a brûlé et a été rénové, personne n’y a habité depuis des mois. Tout est neuf, du plancher au plafond, en passant par la robinetterie, les armoires, les luminaires. Absolument tout. Ils ont converti ce quatre et demi en loft. À ma première visite, j’ai su tout de suite que c’était chez-moi. J’aime l’espace, la luminosité, la cours arrière, l’odeur du neuf.


Et j’aime surtout ce vide. Vide d’objets, vide de présence, vide de moi-même et vide d’espace de rangement. Ben oui. Un loft, y a rarement beaucoup d’espace de rangement. Ce qui m’a porté à revoir la nécessité de garder certains objets. Depuis des semaines, je fais le ménage dans ce que je possède. Pas besoin de vous nommer tout ce dont je me suis défait, y compris des objets auxquels je tenais, jadis.


Je suis heureux de constater que je ne pourrai plus entreposer des « choses inutiles », que dans les recoins de ma Nouvelle Maison, il n’y aura rien d’autre que du vide pour que je puisse m’y retrouver, y respirer librement. Je suis heureux de voir que tous ces objets, vêtements que je ne porte plus, ensemble de vaisselle en grande quantité, souvenirs qui ne servent qu’à rester accrocher à hier, vieilles factures qui me rappellent mes soucis financiers du passé, photos franchement sans importance, etc, représentent ce qui se cachait dans les recoins de mon esprit. Ce vide que je fais physiquement se transpose doucement dans mon cœur et dans mon esprit que je sens de plus en plus libres de tout.


Je suis allé souvent dans mon nouvel appartement durant le dernier mois pour y faire quelques travaux extérieurs (hey, j’ai une cours quand-même…ah ah ah !) et à chaque fois, je m’y sentais bien, comme si j’habitais déjà dans cet endroit. Bien sûr, j’aime le confort et c’est avec impatience que j’ai hâte d’être installé pour vrai. Mais je laisse une grande place au vide, question d’avoir la liberté de m’y retrouver quand j’en aurai envie.


J’ai bien hâte de vous inviter dans ma Nouvelle Maison…


Stéphane XX…

lundi 8 juin 2009

La dernière marche…

J’ai longtemps cru que ma Vie était un combat sans fin. J’ai longtemps cru que les hommes étaient contre moi et qu’ils étaient tous plus beaux que moi. J’ai longtemps cru que les hétéros étaient plus grands que moi et que certaines femmes portaient en elle une amertume contre moi. J’ai longtemps pensé que je devais douter de moi parce que quand j’étais petit, je vivais comme ça et je pensais que c’est ce que j’étais. Même devenu adulte.


J’ai longtemps pensé que les riches étaient plus riches que moi, que les autres avaient plus que moi et que les amoureux que je croisais dans la rue sortaient d’une histoire de fiction et que tout ça n’était pas vrai. J’ai longtemps cru que je n’y avais pas droit, que tout ça était loin de moi.


J’ai longtemps cru que mon corps n’était pas dans les normes, qu’on ne me regardait jamais avec envie et que moi-même, lorsque je me voyais dans un miroir, je devais être dégoûté de ma propre image. J’ai longtemps cru que je devais me battre contre les autres, contre moi et contre une Vie que je voulais grande et merveilleuse.


Ce soir, je ne crois plus rien de tout ça…


Ce soir, je cesse la guerre contre moi…


Ce soir, je découvre la paix, doucement…


Non, je ne suis pas parfaitement heureux. Non, je ne suis pas entièrement libre. Non, je ne suis pas totalement l’être que j’aspire à devenir. Mais je comprends que toutes ces guerres passées, tous ces combats contre moi, toutes ces remises en questions, ces larmes, ces joies, ces rencontres, ces séparations, ces trahisons ont construit l’Homme que je suis aujourd’hui.


Ce soir, je monte la dernière marche vers l’Être que je suis. Plus rien n’a d’importance, sinon, le bonheur de vivre, le présent, la Vérité et les autres humains qui m’entourent et pour qui je voue un amour véritable.


Ce soir, je monte la dernière marche vers ma nouvelle Vie. Oui, avec un grand « V ».


Stéphane XX…

samedi 30 mai 2009

Je n'ai pas besoin d'applaudissements


À une époque où les vedettes instantanées se font de plus en plus nombreuses. À une époque où on a perdu un peu le sens de l’amour propre. À une époque où les carences affectives et amoureuses sont telles que nous sommes prêts à bien des sacrifices pour en recevoir davantage, comme pour nous prouver que nous sommes aimés, moi, je choisis un autre chemin…


Je n’ai pas besoin d’applaudissements.


Je fais de la scène depuis que je suis très jeune, ayant commencé par des spectacles donnés dans le jardin de mes parents, puis un premier show sur une vraie scène, à 11 ans, en compagnie de mon amie Linda. Nous faisions de la magie…Ensuite, la musique a prit toute la place, me donnant les ailes dont j’avais besoin. Mais je chantais, comme plusieurs, pour être aimé, admiré et adulé. Et ça marchait. On aimait ma voix. On aimait me voir sur scène. On m’aimait, moi. On me déposait sur des piédestaux sur lesquels je n’étais pas à l’aise parce que cet amour me semblait faux ou mal dirigé.


Ou mal demandé…


Puis les années sont passées sans que je fasse carrière dans la chanson. Heureusement pour moi. Heureusement pour les autres. J’aurais sans doute été de ceux qui veulent toute l’attention, j’en aurais demandé encore et encore et j’aurais souffert de solitude, en silence, mais on aurait continué de m’aimer, pour l’artiste que j’aurais eu tendance à devenir, pas pour l’homme que je suis.


Aujourd’hui, je n’ai pas besoin d’applaudissements.


J’aime partager l’artiste que je suis, partager ma voix, mes émotions, mes connaissances, mes expériences. Et l’homme que je suis devenu. Si je le fais sur scène, c’est parce que oui, j’ai un grand besoin d’amour, comme tous les artistes. Sinon, je chanterais encore dans le jardin de mes parents. Mais j’ai de moins en moins besoin de la reconnaissance des autres parce maintenant, je la retrouve dans ce regard aimant que je pose sur moi, quand je me vois dans un miroir…


Merci pour vos applaudissements, ils me font toujours plaisir. Et encore plus aujourd’hui, parce que je ne m’y attends plus…


Stéphane XX…